Pas plus tard qu’hier, j’ai eu l’occasion de faire une agréable découverte, et qui, pour une fois, permet de parler à la fois d’informatique et de langue française (non pas que ce duo ne soit pas courant, mais bon…).
En allant faire un saut sur un de mes comptes de messagerie instantanée, j’ai pu croiser Wetneb (vous trouverez son blog dans la liste à droite d’ailleurs, il y raconte des choses intéressantes), dont le message personnel m’a intriguée. Il y parlait d’une chose appelée « BÉPO ». Google étant mon meilleur ami, je fais une recherche rapide et découvre donc de quoi il s’agit.
Depuis petite je fais partie de ces gens un peu bizarres (du moins, c’est ce que l’on dit) qui aiment s’évader l’espace de quelques instants ou de quelques heures dans des mondes imaginaires. Ce sont traditionnellement des univers d’heroic-fantasy orientés med-fan où l’on retrouve des races désormais bien connues (même du grand public… il était temps) comme les Hommes, les Elfes, les Nains, les Orcs, et bien d’autres.
En gros, je suis une rôliste.
J’ai bien sûr commencé par les traditionnels Livres dont vous êtes le héros, auxquels j’ai cependant peu joué, mes parents estimant à l’époque que les jeux de rôle, « c’est dangereux » (pourtant je le jure, en campant une elfe, je n’ai jamais songé une seconde à pouvoir être immortelle IRL… mais je ne vais pas leur en vouloir d’avoir été — trop — prévenants).
Il y a quelques années je me suis tournée vers les jeux en ligne (n’ayant pas vraiment la possibilité de prendre part à des parties de jeux sur table) ; et là, il faut bien être réaliste : si les jeux, eux, pullulent, la qualité, elle, se fait rare.
Sites moches et peu ergonomiques, forums peu adaptés, mauvais hébergeurs (rien de pire qu’un « http://terresimaginaires42.dependance.site-principal.fr.st » comme nom de domaine…), orthographe déplorable, … bref, une fois que vous avez fait le tri, il ne reste plus grand-chose de potable.
Entre 2004 et 2006 j’ai pris part à un jeu vraiment très bon qui s’appelait Terres de Tréas. Malheureusement ce dernier a fermé ses portes il y a 3-4 ans, laissant derrière lui de pauvres petits rôlistes désemparés (j’exagère un peu).

C’est justement à cette époque qu’un ami a rejoint une équipe de passionnés ayant pour projet de créer un autre jeu de rôle en ligne. Ce jeu porte le nom de « Valhon ».
J’ai suivi le projet de près dès ses débuts et ai même participé un temps à sa bêta, que j’ai dû quitter prématurément, faute de temps. Et récemment, en manque de RP (et pour tâcher de me détendre quelques minutes par semaine quand même, parce que je ne sais pas faire grand-chose à part travailler), j’ai décidé de m’inscrire.
L’un des avantages de ce jeu vient du fait que l’équipe du site filtre les inscriptions. Par conséquent les personnages et joueurs sans un minimum de qualité(s) ne sont pas acceptés. Il est certain que par ce procédé les inscriptions sont bien moins nombreuses que sur d’autres sites, mais cela permet de garantir un minimum de qualité au niveau du RP.
Le site et les forums ont été créés spécialement pour le jeu : exit donc les forums de type phpBB personnalisés avec plus ou moins de goût et bourrés de mods pour tenter d’apporter des fonctionnalités nécessaires aux jeux de rôle.
Le joueur est donc pleinement immergé, et ça, c’est généralement ce qu’un rôliste recherche.
En tâchant de rester tout à fait objective, je dirais que le sol bémol vient de l’orthographe parfois hasardeuse de certains membres. Mais les joueurs font du bon RP, il n’y a aucun kikoo, pas de smilies (au moins, personne ne risque d’en abuser !), et l’ambiance est vraiment bonne.
Le jeu a également tendance à tourner au ralenti, les membres étant peu nombreux.
Une v2 est en préparation, ce qui montre que le site est en constante évolution (et qu’il n’est donc pas laissé à l’abandon), et quelques joueurs supplémentaires ne seraient pas de trop.
Si vous êtes rôliste (ou que vous voulez vous y essayer), que vous avez un peu de temps libre, et que vous souhaitez tester un JdR en ligne de qualité où le RP y tient une place prépondérante, alors n’hésitez pas à venir faire un tour sur Valhon (http://www.valhon.com).
Globalement, il s’agit d’un jeu de type med-fan se déroulant dans un univers un peu celtique. Par contre le monde n’est peuplé que d’humains (ne pensez donc pas camper un Halfelin, il n’y en a pas), il faut le savoir.
Les films d’animation sont-ils exclusivement destinés aux enfants ?
Depuis quelques courtes années l’opinion publique a enfin tendance à penser que non, et ce pour le plus grand bonheur des adultes amateurs du genre qui, désormais, ont de moins en moins à craindre les moqueries. Malheureusement, certains esprits rétrogrades continuent de croire que les « dessins animés » (terme que j’abrégerai en « DA » s’il m’est donné de l’utiliser par la suite) ont existé, existent, et continueront d’exister uniquement pour les enfants.
C’est le cas du pasteur Josue Yrion. Ce dernier accuse Disney de satanisme, en expliquant que les productions de la firme contiennent de la sorcellerie (il n’a jamais regardé Hocus Pocus lui), de la pornographie et du spiritisme. Rien que ça.
Tout est clairement expliqué dans la vidéo suivante :
Satanic Disney (lien vers Youtube | en).
Les quelques polémiques soulevées par certaines productions Disney ne datent pas d’hier. Et, comme partout ailleurs, elles concernent généralement des cas d’images subliminales. Pour ceux qui ne le sauraient pas, une image subliminale est une image imperceptible consciemment (à moins que l’on s’amuse à regarder une vidéo image par image… ce qui n’est pas courant pour monsieur et madame Tout le Monde) mais que le subconscient, lui, enregistrera.
Ces images ont-elles un réel impact sur nous ? Les avis sont partagés.
Bref, passons rapidement sur les quelques points que le pasteur évoque :
La Petite Sirène
Déjà, il fallait aller le chercher celui-là. Il faut avoir l’esprit tordu pour se dire qu’un petit de moins de 10 ans y verra, inconsciemment, une allusion sexuelle. Et puis même en toute connaissance de cause, ‘faut vraiment mettre le nez sur la jaquette de la VHS ou du DVD pour s’en rendre compte. Alors certes, puisque c’est subliminal, on ne le voit pas directement… mais même en connaissant l’image, je maintiens qu’il faut vraiment vouloir le voir pour que cela dérange.
Notons d’ailleurs que sur la première édition française la colonne n’est pas tout à fait identique à celle présentée dans la vidéo.
Ce n’est pas la seule image de ce genre à avoir fait parler de ce film. Mais comme il n’en dit pas davantage, n’allons pas plus loin.
M’enfin il lui en faut peu pour qualifier cette production de « pornographie enfantine »…
Ce qu’il dit ensuite au sujet du groupe jamaïcain prononçant des paroles envoutantes est tout simplement étonnant… que peut-on répondre à cela ? Mis à part « trop gros, ‘passera pas », je ne vois pas.
Aladdin
Je ne connaissais pas cette histoire, et j’ai donc écouté le passage à plusieurs reprises. On perçoit effectivement une perturbation dans la Force, mais la fin de la phrase est pour ainsi dire inaudible, et ce même en tendant l’oreille et en montant le son à fond.
Par contre cela n’apparaît pas sur la version française.
Quoi qu’il en soit, entre 1992 et 2010, les informations n’ont jamais signalé un changement radical de comportement vestimentaires de la part des adolescents étasuniens. L’impact de cette phrase subliminale est donc pour le moins minime…
… Remarquez en y réfléchissant bien c’est vrai que la mode depuis quelques années a évolué de façon un peu étrange. Ce serait donc la faute de Disney ? Tout s’explique !
Pocahontas
Là, on frise le ridicule.
Ce monsieur, qui habite pourtant les États-Unis, ne semble pas bien connaître l’histoire de cette princesse indienne. Est-ce sa faute si on la prénomma « Pocahontas » ? Et quoi qu’il puisse signifier, Disney en est-il responsable ? Mine de rien y a quand même plus de 3 siècles qui séparent la vraie Pocahontas de la fictive…
Quant à affirmer qu’en prononçant son nom, on invoque le Diable, cela se passe de commentaire(s).
Le roi Lion
Celle-là aussi ne date pas d’hier. Il est vrai que l’image prête à confusion, mais parfois les apparences sont trompeuses. J’expliquerai un peu mieux dans quelques instants.
Toujours est-il que tous les jeunes assassins d’aujourd’hui sont donc de pauvres petits ayant regardé ce film quelques années auparavant. Eh oui, il faut bien mettre la faute sur quelque chose ou quelqu’un ; il est bien plus facile d’accuser une firme comme Disney plutôt que les parents, la société, etc.
Je ne commenterai pas non plus son avant-dernière accusation, qui transpire de vérité (je suis ironique, bien entendu). Après tout, c’est bien connu : tous les artistes masculins homosexuels créent des personnages efféminés, et tous les artistes masculins hétérosexuels —pour peu qu’ils soient de gros amateurs de bière et de foot— créent des personnages bourrus et bourrins. Eh oui, ainsi va la vie…
Quant à ses propos au sujet de la musique, nous nous passerons là aussi de commentaire(s).
Petite précision donc concernant le terme qui apparaît au moment où Simba fait voler un tapis de feuilles et de poussière : certaines personnes ayant travaillé sur le film clament qu’il s’agit des lettres « SFX » (abréviation anglaise des termes « effets spéciaux »), en clin d’œil au département des… effets spéciaux (logique).
Dans la mesure où l’image est assez ambigüe, les deux termes peuvent à mon sens être admis.
Disney a soulevé des polémiques plus ou moins importantes concernant à chaque fois des cas d’images subliminales. Pourtant, à ma connaissance, la seule affaire ayant réellement fait du bruit fut celle des Aventures de Bernard et Bianca. En effet, lors de la première édition vidéo, lorsque nos deux héros font une chute libre sur le dos d’Orville, l’image d’une femme nue à la fenêtre avait été incrustée en arrière plan.
De nombreuses VHS ont été retournées et l’image a par la suite bien évidemment été retirée.
Les images subliminales ne sont pas spécifiques à la firme de l’oncle Walt. J’ai d’ailleurs toujours tendance à les comparer aux Easter Eggs (œufs de Pâques) que l’on trouve dans bon nombre de programmes informatiques. Et, comme pour la vie / les chocolats dont parle Forest Gump, « on ne sait jamais sur quoi on va tomber ».
En dehors du cas des Aventures de Bernard et Bianca, qui est à mon sens un peu extrême et de mauvais goût (parce que là pour le coup l’image ne prêtait pas à confusion), je trouve que pour le reste nous avons fait et continuons de faire beaucoup de bruit pour pas grand-chose.
Un enfant de moins de 10 ans s’amuse rarement à visionner un film de plus d’une heure image par image. Tout ce qu’il veut, c’est voir son film et chanter « Hey oh, hey oh, on rentre du boulot » en rentrant de l’école.
Comme je le disais initialement, l’erreur consiste à croire que les DA ne sont destinés qu’aux enfants. Or ces films contiennent la plupart du temps différents niveaux de lecture.
Chez Disney, ils ont opté pour le « tout est bien qui finit bien ». Ça, à mon sens, c’est bel et bien pour les enfants. Mais les studios ne font que s’approprier des contes (pas que des contes remarquez) célèbres dont le contenu est loin d’être rose. Alors ils y ajoutent de la féérie, pour plaire aux plus petits comme aux plus grands. Mais à côté de ça, tout n’est pas destiné à nos chères têtes blondes non plus.
D’ailleurs si tel était le cas, les productions seraient délaissées par les plus grands (prenez Dora l’exploratrice par exemple… ça plaît aux plus jeunes, mais comme le contenu n’a globalement qu’un seul niveau de lecture, dès l’adolescence —et peut-être même bien avant— on passe à autre chose, sans jamais plus revenir dessus, si ce n’est pour rire un bon coup).
Il y a des choses, des allusions, que je ne percevais absolument pas étant petite, tout simplement parce qu’à cette époque je n’avais pas le vécu et la maturité pour les déceler et les comprendre. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier les films, dont je comprenais l’essentiel : l’histoire et les gags apparents.
En devenant adolescente puis adulte, j’ai pu accéder au second degré de lecture, et j’ai donc pu apprécier les films différemment.
Je ne pense pas que Disney ait un jour eu envie de créer des films destinés exclusivement au jeune public (sauf peut-être quelques titres).
Prenez par exemple l’épisode Sur les traces de Cher Doc Jones dans la série Tic & Tac, Rangers du Risque. Croyez-vous vraiment qu’un petit de mettons 5 ans comprenne que « Agatha Tsointsoin » est le nom trafiqué d’Agatha Christie ? J’en doute. Pourtant cela ne l’empêchera pas d’apprécier l’épisode. Mais ces mêmes allusions permettent aux plus grands de s’y retrouver et de sourire.
Prenons encore un exemple : dans L’apprentie sorcière, les protagonistes font une halte dans une maison de maître désertée à cause des bombes ayant sévi dans le quartier (l’une d’elles a d’ailleurs atterri devant le portail et menace d’exploser à tout instant).
Je ne sais pas si je suis la seule dans ce cas, mais personnellement lorsque j’étais toute petite, c’était pour moi un passage sympathique parce que dans cette baraque il y avait une salle de jeux, une bibliothèque énorme, et une chanson géniale… à cette époque, la seconde guerre mondiale (dont je n’avais même pas eu vent) me passait au-dessus de la tête. Il est certain qu’en regardant le film aujourd’hui, bien qu’il me fasse toujours rire par endroits, je le perçois et l’interprète différemment.
Si l’on prend Basil, détective privé comme autre exemple, un gamin ne saisira pas toutes les allusions faites à Sherlock Holmes. Il ne saisira pas non plus les sous-entendus (très légers au demeurant, parce que malgré tout, c’est aussi un film pour les enfants !) faits dans la chanson Let Me Be Good To You (Laissez-moi vous gâter) : vous savez, lorsque Basil et Dawson sont au bar (où l’un de mes cousins germains se fait d’ailleurs virer de la scène, mais là n’est pas le sujet).
Pour ceux qui auraient oublié, voici la version originale (lien vers Youtube) —bon les dialogues sont en anglais britannique par contre, mais on s’en fiche— puis la version française (lien vers Youtube), assez proche de la VO.
Chez les italiens par contre, ils ont, au choix :
- choisi volontairement de s’éloigner des paroles d’origine (leur version n’a quasiment rien à voir avec l’originale) pour qu’il n’y ait aucun sous-entendu plus ou moins direct ;
- eu de mauvais traducteurs sur ce coup. Dans la mesure où les bières droguées se transforment chez eux en bières empoisonnées, j’ai presque tendance à penser que c’est la solution à retenir.
Bref, ce pasteur, en plus d’être homophobe et extrémiste (au lieu de prêcher la vraie bonne parole dictée par sa religion, il tente de terroriser ses fidèles sans aucun fondement) est complètement à côté de ses pompes.
Il fait partie de ces nombreuses personnes qui ne voient dans l’animation qu’un art mineur destiné aux plus jeunes, alors qu’il n’en est rien. Cela donne donc lieu à ce genre de réactions absurdes.
Cela me rappelle l’histoire d’un établissement scolaire religieux (aux États-Unis, toujours) qui a interdit la saga Harry Potter dans son enceinte, sous prétexte que cela pervertissait la jeunesse (vous imaginez, y a de la magie… vade retro, satanas !).
Il y avait également eu l’affaire Cars, où là aussi des extrémistes religieux voulaient que le film soit retiré (ou censuré, je ne sais plus) parce que selon eux il incitait les jeunes à ne pas respecter le code de la route…
Je finis ce billet sur une citation du professeur Porter dans Tarzan : « Mais où va le mooooonnnnde ?! ».
Je ne suis pas spécialement adepte des vidéos incrustées (surtout avec des lecteurs pas propres) au sein des articles des blogs, notamment à cause du temps de chargement qu’ils occasionnent, mais je vais devoir faire une exception. Ce qui suit nécessite (ou pas, pour ceux qui se souviendront de tout) de recourir à des extraits de vidéos (honteusement pompées sur Youtube et compagnie) qu’il serait embêtant d’exposer par l’intermédiaire de simples liens (ce qui implique de changer sans cesse de page).
Si toutefois cela devait s’avérer gênant, j’éditerai les lecteurs et aurai recours à des liens traditionnels.
Il y a quelques semaines je me calais tranquillement devant un « vieux » (j’emploie ce terme parce que ça commence à dater) film du début des années 80 : Bandits, Bandits.
Un film familial somme toute assez banal mais sympathique au demeurant, devant lequel je retrouvais mon âme d’enfant (… ah ouais non, elle n’est pas encore partie), m’émerveillant devant tous ces effets spéciaux vieillissants qui, petite, me faisaient rêver (alors qu’aujourd’hui je peste fermement devant certains films où le faux se voit trop).
Eh oui, il n’y a guère que les sentai de nos jours pour rivaliser avec ces anciennes productions. Mais passons.
C’est en regardant tranquillement le film que j’ai pris conscience de la noirceur (et donc de la « profondeur », au sens le plus large du terme bien sûr) des années 80…
Bon vous me direz il y a toujours les quelques exceptions qui confirment la règle, mais c’est vrai qu’en comparaison avec la charte graphique des années 2000 (vive le flashy et le glossy), c’est le jour et la nuit… c’est le cas de le dire.
Réfléchissant quelques instants, j’ai donc fait le tour de tout ce qui avait pu personnellement me marquer durant ces années-là (avec un peu de retard pour certaines choses, puisque je suis née à la fin des années 80) dans l’univers audiovisuel… et c’est vrai que tout est noir.
Au niveau visuel, nous avons le droit… au noir, mais plus généralement à tout ce qui peut être foncé (ben oui… noir sur noir c’est moche, faut bien diversifier les couleurs, quand même !). Tout ceci ne serait rien sans des rues humides et de la fumée un peu partout.
Quant à la musique, elle n’est pas en reste puisqu’on aura tendance à utiliser des échos, tout plein d’effets qui donnent une sensation de profondeur et de lointain.
Voyez plutôt.
Du côté des publicités
Comme partout, nous avons l’embarras du choix, alors j’en ai sélectionné quelques-unes qui me rappellent de bons souvenirs.
Parfois on sort du noir pour aller vers le délavé, le terne…
Du côté des génériques
Là, il y en a à la pelle… alors j’en ai pris quelques-uns, juste comme ça.
Bon O.K., pour le précédent on me dira que c’est normal parce que les vols sont commis la nuit… Quid de ce générique-là alors ?
Il fait pas toujours sombre quand on part à l’aventure quand même…
Un petit dernier pour la route :
Il ne fait pas si noir que ça dans la série à la base…
Un p’tit tour du côté des éditeurs
Les célèbres (enfin peut-être que pour moi ?) éditions Proserpine.
Un petit tour par René Château Vidéo :
En passant par Vestron Video International :
Et enfin, les films
Ben là, y en a un bon paquet… certains m’ont beaucoup marquée, comme une célèbre trilogie qu’on ne nomme même plus (ça se passe dans les étoiles) ou encore Blade Runner (alors là pour être sombre, c’est sombre… je ne l’ai même pas vu jusqu’au bout).
Étant surtout attirée par l’animation je note que les productions des années 80 sont assez particulières… j’ai en tête notamment Fievel et le nouveau monde de Don Bluth ou encore Les malheurs de Heidi (non, pas Sophie) de Hanna-Barbera.
Pour le premier, la scène avec la souris mécanique avait le don de m’effrayer, voire de me mettre mal à l’aise.
Quant au second, j’ai beaucoup ri devant certaines scènes, alors que devant d’autres, c’était une autre histoire. Je me souviens notamment d’une partie du film durant laquelle Heidi fait un cauchemar ; ça m’a toujours impressionnée (logique remarquez, c’est un cauchemar), et la musique qui couvre la scène fait partie de celles qui adoptent des rythmes qui me sont difficilement supportables.
Toujours en matière d’animation, vous avez Basile, détective privé de chez tonton Walt Disney durant lequel le jour ne pointe pas une seule fois le bout de son nez, à part peut-être à la toute fin (du moins il me semble, car ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu).
Quant à la musique, c’est un peu pareil. Prenez ne serait-ce que les clips (et sonorités) d’un grand chanteur décédé il y a quelques mois, c’était assez sombre durant cette décennie.
Bref… simple constat fait récemment : les années 80, c’est d’un noir profond.
Noël et la nouvelle année approchent.
En cette période de vacances, tout le monde (ou presque) s’affaire à préparer de bons petits plats et / ou à courir les magasins pour dénicher un cadeau de dernière minute. Pour les étudiants, c’est aussi une période durant laquelle il ne fait malheureusement pas bon chômer trop longtemps sous peine de prendre du retard dans le travail scolaire, sans compter les examens de janvier à préparer.
Malgré cela, c’est une période durant laquelle il fait bon prendre quelques jours de repos bien mérités… si l’on peut toutefois les considérer comme reposants puisqu’il s’agit bien souvent de passer de longues heures à table autour de repas familiaux. Moments agréables à n’en point douter, mais dont on ne sort pas toujours en pleine forme.
Ces vacances sont également les seules de l’année durant lesquelles on nous propose un programme télévisé un tantinet plus intéressant, notamment pour les enfants. Il y a une bonne dizaine ou douzaine d’années, il nous était possible de camper devant le petit écran plusieurs heures par jour en période scolaire, et encore bien plus lorsque nous n’avions pas cours… on ne peut pas en dire autant depuis le début des années 2000.
Certes, il existe des chaînes thématiques, mais elles font généralement partie d’un bouquet payant ; or pour les foyers n’ayant que les 6 chaînes basiques (oui, il existe encore un peuple d’irréductibles réfractaires au tout numérique), il faut bien admettre que notre bonne vieille lucarne ne propose plus que des programmes au contenu discutable.
S’il y a bien deux choses (disons 3) qui manquent tout particulièrement en cette fin d’année, ce sont :
- Les Minikeums ;
- l’émission Disney de fin d’année (je mets volontairement de côté les émissions Disney qui passaient toutes les semaines) ;
- citons tout de même le Club Dorothée.
À mon sens, ces émissions ont créé un vide assez important dans le paysage télévisuel français (case jeunesse, bien entendu) depuis qu’elles ont été stoppées. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, elles ont occupé pas mal d’enfants pendant de nombreuses années.
Dans ce billet, j’aimerais m’arrêter quelques instant sur les deux premières de la liste, en commençant par la seconde : l’émission Disney de fin d’année.
Depuis petite, à Noël, j’avais l’habitude de m’installer devant une soirée spéciale Disney durant laquelle étaient diffusés des courts métrages (inédits ou non), des extraits de longs métrages, et parfois des extraits inédits du dernier Disney qui allait débarquer sur grand écran. Mais ça, c’était il y a bien longtemps… de mémoire, la dernière émission Disney diffusée sur les chaînes basiques doit dater du tout début des années 2000. Il s’agissait d’un classement des meilleurs films Disney, avec Houcine en tant qu’invité… bon, passons-nous de commentaire(s).
Et puis les chaînes câblées ont pris de l’ampleur ; Disney a développé son bouquet de chaînes payantes, et a cessé de faire du Disney dans la foulée. On notera une ou deux exceptions, comme Frères des Ours (qui personnellement ne m’a pas emballée), mais bon, sans Pixar, cela fait longtemps que Disney aurait été mis au placard par le public. Eh oui, à vouloir faire comme tous les concurrents pour des raisons purement financières, on finit par ne plus être soi-même.
Bref, entre une chose et une autre, on a donc jugé bon de laisser en plan le public des chaînes basiques…
Et puis en 2009 (un peu avant, en fait), allez savoir pourquoi, la fée Clochette a eu un moment de lucidité. Chez Mickey on s’est dit que finalement, refaire du Disney, ce serait pas mal. Alors la firme s’est remise à produire de la 2D, pour le plus grand bonheur des fidèles.
Bizarrement, la sortie prochaine (pour la France) du dernier long métrage de la boîte, intitulé La princesse et la grenouille, coïncide avec la diffusion, ce soir, de l’émission Disney Party, sur M6. Émission de presque 3 heures, pendant laquelle on ne manquera certainement pas de nous apprendre que le dernier « vrai » Disney sortira dans nos salles le 27 janvier prochain.
Et au cas où certains louperaient l’info, tout a été prévu, puisque le 31 décembre une autre Disney Party semble programmée.
Je ne bouderai pas mon plaisir, puisque j’attends avec impatience le dernier long métrage (et puis quand on a Darbois, Tomassian, Frantz et Pousséo au doublage, faut pas rater) et que je suis toujours partante pour visionner du Mickey (sauf si on voit Mickey, parce que j’peux pas me l’encadrer)… mais tout ceci est monté avec une telle finesse que je ne peux m’empêcher de me dire qu’on prend vraiment les adeptes pour des cruches. La société de consommation dans laquelle nous vivons est vraiment sans pitié décidément.
Pour finir, j’en viens aux Minikeums.
Je ne vais pas m’amuser à expliquer en long et en large le concept de l’émission (l’ami Google en aidera plus d’un), mais cela fait quelques années que je me dis qu’avec un peu de bon sens, France 3 (et France Télévision de façon plus générale) va peut-être faire comme Disney : recouvrer la raison.
Les Minikeums ont tenu l’antenne de 1993 à 2000… 2002 officiellement, mais selon moi MNK ne peut pas être assimilé aux Minikeums, bien que certaines marionnettes fassent partie des deux concepts.
À l’époque, la 3D faisait son apparition un peu partout, et dans un souci purement mercantile (forcément, hein), chez France 3 on s’est dit qu’au bout de 10 ans, les enfants devaient en avoir marre des Minikeums ; et puis avec l’avènement de la 3D, les marionnettes, c’était démodé, ça ne pouvait pas continuer à plaire, malgré les 20 % d’audience qu’elles parvenaient à conserver. Non vraiment, il fallait les mettre au placard.
Depuis, à quoi a-t-on eu droit ? À TO3, un concept en 3D avec 3 répliques tournant en boucle(s). Les enfants ont tellement accroché que le programme a été remplacé deux ans plus tard par quelque chose d’encore plus abrutissant nommé France Truc… qui lui-même a cédé sa place deux ans plus tard à Toowam. Saluons cette dernière émission qui aura tout de même tenu 3 ans (applause) avant d’être remplacée le 19 décembre dernier par Ludo, une émission encore moins bonne (ils font dans le dégressif chez France Télévision).
Entre temps, la Génération Minikeums (c’est dire hein, de la fin des années 80 à la fin des années 90 on aura eu deux générations : celle du Club Dorothée, et celle des Minikeums… rappelez-moi le nom de celle des années 2000 ? Ah, ben y en n’a pas) a fait pression sur la chaîne qui a finalement décidé de reprogrammer les héros français à plusieurs reprises dans des programmes courts de 26 minutes. Et pour l’information, ces programmations (souvent passées sous silence… ben oui, faudrait pas admettre qu’ils se sont plantés depuis des années) ont à chaque fois fait remonter les audiences de la chaîne dans la case jeunesse. Pour un concept démodé, c’est assez étrange.
Après presque 10 ans à nous donner de la daube, et voyant que des rediffusions ponctuelles faisaient grimper les audiences, on aurait pu s’attendre à ce que France Télévision réagisse en conséquence… eh bien non. Plutôt que d’écouter son public, le groupe a décidé de s’enfoncer un petit peu plus en imposant Ludo sur quatre de ses chaînes. Peut-être s’attendent-ils à ce que les audiences atteignent également 20 % des parts de marché ? S’ils y parviennent, chapeau… et en même temps avec 4 chaînes, ce ne sera pas folichon.
Ce n’est pas demain la veille que des concepts comme Ludo, Toowam et compagnie tiendront 10 ans en pouvant se vanter, de surcroît, d’avoir été édités en VHS (enfin DVD maintenant) et CD audio et d’avoir été récompensés par deux fois du Sept d’or de la meilleure émission jeunesse.
Bref, peut-être comprendront-ils dans quelques années.
En attendant, je vous souhaite à tous de passer un bon réveillon et un joyeux Noël. Et puis parce que c’est fun, kitsch, débilisant à l’extrême et tout à fait de saison : joyeux No-Noël !, comme diraient les Bogoss Five.
De nos jours on est en droit de se demander à quoi peuvent bien servir tous ces sites de réseaux sociaux qui poussent comme des champignons et qui tentent d’attirer les foules avec des concepts et / ou gadgets tous plus farfelus les uns que les autres.
Parmi eux se trouve Twitter, réseau qui se base sur le principe du « micro-blogging » et qui propose donc à ses utilisateurs de décrire en très peu de caractères (moins de 200) ce qu’ils sont en train de faire. Rien d’innovant si l’on y réfléchit bien, puisque ce n’est pas sans rappeler une fonction bien connue des gros services de messagerie instantanée : le « message perso ».
Par défaut, tout ceci est donc bien inutile ; si l’on considère en plus de cela que Twitter est régulièrement utilisé pour y raconter n’importe quoi (10h00 : « je me prépare » ; 10h15 : « je vais faire des courses » ; 10h45 : « cherche désespérément des tomates non cultivées en Espagne » ; 11h07 : « en train de faire la queue pour passer en caisse… » ; etc.), on ne peut que doublement se demander à quoi cet outil peut bien servir.
Jusqu’à présent j’étais donc assez hostile à l’idée de m’inscrire sur un quelconque réseau social.
Et puis la rentrée est arrivée, avec son emploi particulièrement surchargé cette année. Bien que ce ne soit pas vital, j’ai du mal à faire des mises à jour régulières de mes « travaux », ou plutôt « projets ». Tenir un blog à jour de façon à peu près potable demande du temps, temps que je n’ai justement pas souvent, or il y a quelques bricoles pour lesquelles donner signe de vie de temps en temps ne serait pas mauvais.
Il y a aussi quelques personnes dont je suis l’activité ou avec qui j’ai parfois besoin d’échanger trois mots sans devoir rédiger un long e-mail ou me connecter à une messagerie instantanée.
C’est alors que j’ai commencé à regarder Twitter d’un peu plus près, et j’ai pu constater que chez les non kikoolol, le site était utilisé de façon assez intelligente (mais limitée en raison du système utilisé).
J’ai donc lu attentivement les règles de confidentialité de Twitter et ai été agréablement surprise de voir que ça n’avait aucune similitude avec la gestion des données faite par exemple chez un de ses concurrents les plus directs (ça commence par « Face » et finit par « book »). D’ailleurs, lorsque vous vous rendez sur la page de configuration de votre profil, vous avez un lien très visible vous permettant de supprimer votre compte à n’importe quel moment.
Bref, pour l’instant, Twitter est assez transparent sur l’utilisation des données, et je n’ai personnellement rien noté d’ambigu à ce sujet (pas plus que sur d’autres sites plus traditionnels sur lesquels je suis inscrite en tout cas).
J’ai donc timidement rejoint les rangs des utilisateurs de Twitter… on verra ce que cela donnera.
Comme je ne compte rien mettre de personnel sur ce réseau (pas plus qu’ailleurs en fait), vous pouvez suivre mes tweets dans le module de droite sur le Bocal ou encore directement sur Twitter à l’adresse suivante : http://twitter.com/Poulpette_D.
Il y a des moments dans la vie où l’Homme s’interroge, doute. Une des questions existentielles qui revient plus ou moins fréquemment est la suivante : que vais-je / dois-je faire ?
Comme beaucoup le savent, le système français n’est pas franchement optimal pour les musiciens. Au-delà d’un certain —jeune— âge, on vous met progressivement sur la touche, les jeunes de 14 ans avec du potentiel étant bien plus intéressants à coacher que ceux ayant atteint l’âge fatidique de 19 ou 20 ans (et au-delà, n’en parlons même plus). Il faut dire qu’il est toujours plus gratifiant de dire que l’on a entraîné un jeune concertiste de 15 ans qu’un RMIste de 25 ans (ou plutôt 26, le RMI ne pouvant être obtenu avant)… eh oui, c’est ainsi que fonctionne notre bon vieux système basé sur l’égalité des chances (et après on pointe du doigt nos amis nord-américains… c’est clairement voir la brindille dans l’œil du voisin tout en occultant la poutre qu’on a dans le nôtre).
Maintenant que j’ai mon DEM en poche (ou presque), je me demande ce que je vais bien pouvoir faire :
- Tenter d’entrer dans un CEFEDEM ? Je suis encore un peu trop jeune, et puis pour faire quoi ? Enseigner ? Pourquoi pas, encore faudrait-il qu’il y ait des postes disponibles.
- Tenter un CFMI ? Pour faire quoi ? Enseigner et faire de l’éveil musical ? Ce ne peut être un métier je pense, mais une vocation, or je ne pense pas que c’en soit une pour moi.
- Bosser davantage et tenter un CNSMD ? Bon, si j’y entre, j’apprendrai de nouvelles choses, je ferai quelques rencontres (mm… les pianistes ont-ils seulement le temps d’en faire dans ces structures ?), et je bosserai comme une dingue pendant quatre ans… et après ?
- Je pourrais aussi faire ce que mon professeur me conseille, c’est-à-dire aller voir à l’étranger, mais la question demeure : et après ?
En raison des perspectives d’avenir plus qu’incertaines, et par sécurité aussi, je me demande s’il ne serait pas préférable que j’envisage une reprise d’études.
Cela fait bien entendu plusieurs semaines que je me documente sur les différentes formations qui s’offrent à moi, et il n’y en a pas quarante. J’ai le choix entre un BTS, et un DUT. Les deux domaines qui m’intéressent tout particulièrement sont bien servis à ce niveau. Le souci (le premier, car il y en a trois), c’est que mon cœur balance entre l’audiovisuel, qui me permettrait de continuer à travailler dans le son tout en approchant la production (je ne perds pas de vue l’animation, domaine que j’affectionne), et l’informatique, qui me permettrait de déboucher sur le multimédia. L’autre souci c’est que la première branche débouche essentiellement sur le statut d’intermittent du spectacle ; une petite voix me dit que si c’est pour en arriver là, inutile de m’occasionner des frais supplémentaires, autant rester dans la musique pure et dure. Le troisième et dernier problème, qui concerne les deux filières mais tout particulièrement celle de l’informatique, se résume en une lettre : « S ».
Pour ceux qui ne le sauraient pas, dans le milieu scolaire français la lettre « S » signifie « Scientifique » et englobe donc toutes les matières… scientifiques. Avec mon petit Baccalauréat Littéraire, je suis donc bien mal partie.
Allons bon, je me dis que dans un pays aussi culturel que le mien, il doit bien y avoir moyen de rectifier le tir.
Pendant quelques semaines j’ai donc cherché à droite à gauche un moyen de me remettre à niveau dans les matières scientifiques, essentiellement les mathématiques et la physique (les deux matières qui m’intéressent le plus, et celles dont je pourrais avoir le plus besoin, donc ça tombe bien). Eh bien ce fut peine perdue.
Eh oui, les formations de remise à niveau sont quasi inexistantes. Il existe bien le DAEU B, qui permet d’obtenir l’équivalent du Baccalauréat Scientifique, mais la formation n’est ouverte qu’aux adultes ayant au moins 24 ans, n’ayant aucun diplôme ou ayant travaillé au moins deux ans avant d’entamer la formation… Je ne peux donc pas passer par là, puisque je ne remplis aucune des trois conditions.
Notons donc qu’en France on vous demande de savoir quel sera votre futur métier au collège (avant 15 ans), et que si par malheur vous faites une erreur d’orientation au lycée, votre vie professionnelle n’est peut-être pas fichue mais pas loin. L’Éducation Nationale estime donc que mon Bac L est amplement suffisant, et qu’une personne sans diplôme a presque plus de droits que moi (je ne dénigre pas les non diplômés bien sûr, c’est simplement que je ne vois pas pourquoi moi, détentrice d’un Bac, je ne pourrais pas tenter le DAEU B alors qu’un non diplômé, lui, oui).
Une fois la déception passée, je poursuis mes recherches, et décide de contacter le CNED. On me propose deux solutions. La première consiste à suivre les cours du DAEU B sans passer l’examen. L’autre solution, plus radicale et à laquelle j’avais déjà pensé lorsque j’étais en Terminale, consiste à repasser le Bac S, en ne présentant du coup que les matières scientifiques, autrement dit les maths, la physique, la chimie, et la SVT. Solution intéressante, mais qui me prendrait bien trop de temps puisque j’ai, au bas mot, 2 à 3 ans de retard dans ces quatre matières. Même en potassant intensément, il ne me sera pas possible de repasser l’examen sous moins de 24 mois.
Dans la mesure où les BTS et DUT recrutent sur dossier mais avec lettre de motivation à l’appui, je me dis qu’en tâchant de remonter mon niveau en maths et physique le plus rapidement possible, tout en poursuivant certains projets à côté, j’aurais peut-être une chance de me faire accepter quelque part.
Bref, après plusieurs jours d’hésitation, estimant n’avoir plus rien à perdre, je décide de prendre rendez-vous avec une COP (comme on décide, dans un moment désespéré, d’aller consulter une voyante…). J’avais décidé de mettre mes a priori de côté, en me disant qu’après tout, c’est une professionnelle de l’orientation, et que par conséquent elle saurait me conseiller convenablement.
Hier, je me rends donc au CIO où m’accueille la COP. Elle remplit une petite fiche, me pose des questions sur mon parcours, et tout le tralala. Et pendant trois quarts d’heure… du vent. Elle m’explique que ma réorientation (dont je ne suis pas encore certaine du reste) va se faire en trois étapes (c’est très vendeur ça, le principe des trucs en « X étapes »), la première consistant à me renseigner sur ce qui pourrait m’intéresser (comme si à 22 ans l’idée de me renseigner toute seule ne m’était pas venue à l’esprit…). Bref, je tente de lui faire comprendre de façon indirecte que j’ai déjà fait tout ça, mais soit j’ai très mal fait passer le message, soit elle ne lit pas entre les lignes (ou alors les deux, c’est possible aussi).
Finalement, en une heure, je n’ai pas avancé. J’ai même eu peur en constatant que j’étais presque plus au courant qu’elle sur certains points :
- elle a bien insisté sur le fait que pour moi, la faculté, avec trois premières années inachevées, c’était terminé. Eh bien elle n’a pas tout à fait raison. Au-delà de trois premières années, deux solutions s’offrent à moi : demander une dérogation (et à ce moment-là, effectivement, l’université peut me refuser), ou arrêter mes études pendant cinq ans, ce qui remettra mon compteur universitaire à zéro. Actuellement il me faudrait donc attendre encore trois ans, or dans trois ans j’aurai 25 ans, et comme je ne pourrai pas encore prétendre au RMI, je n’aurai pas besoin d’une dérogation pour reprendre mes études (il en faut une à partir de 26 ans, si je ne m’abuse).
Bref, me sortir que je n’ai plus que des études courtes à faire est totalement faux, mais bon, admettons (de toute façon je ne compte pas franchement retourner en faculté, donc ça ne me dérange pas plus que ça). - Je ne peux pas passer le DAEU. Elle aura quand même pris cinq bonnes grosses minutes pour aller vérifier dans ses classeurs (quelques clics sur un des ordinateurs équipés d’Internet auraient suffit… r’marquez non, Windows XP + IE ramant à mort, ça aurait pris plus de temps), pour finalement en arriver à une conclusion très concluante : « effectivement, le DAEU, on oublie ». Sans blague ?
J’ai eu beau lui expliquer que moi, ce qui m’intéresse, c’est l’audiovisuel et l’informatique (bon y a d’autres matières, mais elles sont littéraires et encore une fois, moi, j’aimerais être SDF et non SDF), et qu’à mon avis j’étais obligée de faire une remise à niveau, ben non, faut que je me renseigne sur les métiers (« un quart d’heure par jour »… tiens, des devoirs…), que je vois ce qui peut m’intéresser, quelles sont les études possibles et quels sont les établissements qui les proposent. En gros, j’y coupe pas, je passe par le programme « en trois étapes ».
Je suis allée voir une professionnelle pour obtenir d’éventuelles réponses à mes quelques toutes petites questions, pour obtenir de l’aide de la part de quelqu’un qui s’y connaît, et au final, je me rends compte que je me débrouille mieux toute seule.
Je finis par véritablement penser que le monde de l’Éducation Nationale ne peut vivre en parfaite symbiose avec le monde des geeks à tendance asociale et / ou misanthrope. Nous nous débrouillons plus ou moins seuls (et plus ou moins bien), nous savons chercher (à force de RTFM aussi faut dire), et nous ne sommes pas stupides. Moi quand je vois que pour quelque chose de somme toute basique (du moins je crois, je ne pense pas que mon parcours soit si atypique), je suis un peu plus au courant qu’un professionnel, eh bien ça m’agace.
Je vais peut-être reprendre un rendez-vous, juste pour dire que je ne lâche pas en cours de route, mais à mon avis je ne finirai pas le « programme en trois étapes », et continuerai à me débrouiller seule à ce niveau, comme je l’ai toujours plus ou moins fait (décidément, je n’aime vraiment pas l’EN). Sur ce, j’ai un bouquin de maths qui m’attend.
Certains d’entre vous ont peut-être déjà entendu parler de la synesthésie.
Sous ce terme quelque peu étrange se cache une particularité neurologique encore méconnue du grand public et qui ne fait l’objet d’études sérieuses que depuis quelques courtes années. Pour l’instant, on ne saurait dire avec exactitude quel est le pourcentage de personnes touchées par cette particularité, mais les recherches les plus récentes estiment qu’en moyenne 1 personne sur 23 présente une forme de synesthésie.
J’ai découvert que je suis synesthète tout à fait par hasard, il y a environ 4 ans ; je discutais avec un pote et tentais de lui faire saisir une nuance (en musique probablement, mais je ne me souviens plus très bien) qui, pour moi, était évidente. Après quelques minutes d’incompréhension, il m’a répondu : « ça, c’est parce que tu es synesthète, et moi non ».
À l’époque, ne sachant pas ce que c’était, je me suis rapidement renseignée pour savoir si je n’étais pas tout simplement folle ou affublée d’une quelconque anomalie. Après quelques recherches, je suis tombée sur les travaux de Jean-Michel Hupé et Edward Hubbard, et je les ai contactés ; cela m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ma particularité tout en leur apportant mon témoignage (utile pour leurs recherches en cours).
Certains se demandent peut-être ce qu’est cette fameuse synesthésie.
Il s’agit tout simplement d’une particularité neurologique créant des liens entre différents sens qui, en toute logique, ne devraient jamais se croiser. D’après ce que nous savons actuellement, la synesthésie la plus courante est celle dite « graphèmes → couleurs ». Le texte que vous lisez en ce moment même est noir. Bon, eh bien certaines personnes percevront par exemple les « a » en rouge, les « i » en jaune, etc.
Ne vous méprenez pas ; il ne s’agit en aucun cas d’un défaut de la vision. Ils verront bien les lettres en noir, mais les percevront comme si elles étaient colorées.
Il existe différentes synesthésies, certaines moins courantes que d’autres.
J’en viens à présent au point que je voulais traiter.
Certaines personnes auraient tendance à penser que les synesthètes pourraient avoir une perception plus juste du monde, plus poussée… qu’ils seraient un tantinet supérieurs en quelque sorte. Ce type de raisonnement est dangereux, car il tend à faire passer un message totalement erroné de la chose, tout en poussant vers une sorte de pseudo-sectarisme. Non, les synesthètes ne perçoivent pas « mieux » le monde ; ils le perçoivent simplement différemment (cela se confirme assez facilement du reste : deux personnes ayant le même type de synesthésie ne percevront pas les mêmes choses de la même façon… CQFD).
Mais voilà, le mal est en passe d’être fait, et les préjugés et autres moqueries ne tarderont pas à fuser. La faute à qui ? Aux médias, bien sûr !
Je pense que beaucoup d’entre vous connaissent la série Heroes. Pour ceux qui n’en n’auraient jamais entendu parler, cela se résume à ça (à peu de choses près) : y a des gentils et des méchants dotés de super-pouvoirs. Ils se tapent dessus et, alors que la saison 4 (qui est en fait la pseudo-saison 5… ne cherchez pas, y a rien à comprendre) vient de débuter, on ne comprend toujours pas l’intérêt de la série.
De nouveaux personnages font leur apparition à chaque saison. Cette année, nous en avons une un peu particulière : c’est une synesthète. Là où tout devient à la fois comique (parce que c’est trop gros, donc ça ne passe pas) et dramatique (parce qu’avec une publicité pareille, nous oserons encore moins avouer notre particularité), c’est que cette héroïne, prénommée Emma, est sourde.
Cette dernière est synesthète « sons → couleurs » ; cela signifie donc qu’à l’écoute d’un son elle perçoit une certaine couleur. Ah oui mais… comment une sourde peut-elle entendre ? J’ai d’abord pensé qu’elle était tout simplement malentendante, ce qui pourrait tout expliquer ; cependant pour l’instant, cela n’a pas l’air d’être le cas.
Bref, l’épisode avance. Arrive ensuite un passage magistral, dépassant tout entendement. Figurez-vous que notre synesthète se promène dans un parc et entend un jeune violoncelliste ; arrivée près de lui, elle s’émerveille devant tant de couleurs. Le musicien laisse son instrument quelques instants pour aller se sustenter, et Emma en profite alors pour essayer de jouer (notons qu’elle n’a probablement jamais touché à un instrument de toute sa vie).
Elle va donc nous interpréter un morceau pas trop moche, sans aucune faute, et tout ceci grâce à quoi ? Aux couleurs.
L’intensité d’une synesthésie peut varier d’une personne à une autre. D’autre part, il y a des synesthésies qui peuvent aider certaines personnes car elles croisent des sens qui finalement deviennent complémentaires ; c’est le cas par exemple de Daniel Tammet, un jeune homme atteint du syndrome d’Asperger et de synesthésie, qui, grâce à cette dernière, a pu réciter par cœur les 22 500 et quelques premières décimales de Pi.
Oui mais je doute fortement qu’une synesthésie, aussi forte soit-elle, puisse vous apprendre à jouer parfaitement d’un instrument de musique en un clin d’œil…
Là où les scénaristes se sont également bien plantés, c’est lorsque l’on nous présente Emma pour la première fois : elle prend conscience de ses symptômes un beau matin, toute seule, alors que c’est tout bonnement impossible. Pourquoi ? Parce qu’un véritable synesthète ne saurait dater l’apparition de ses symptômes, puisqu’il vit avec depuis toujours. Ce n’est qu’en confrontant ses perceptions avec celles de personnes non synesthètes qu’il pourra prendre conscience de sa particularité.
Bref, Heroes est donc en passe de nous faire avaler (si l’on peut dire) que la synesthésie serait une sorte de super-pouvoir bigrement utile. Déjà qu’une personne consciente de sa synesthésie évitera d’en parler de peur de se faire traiter d’anormale ou d’essuyer tout un tas de moqueries, vous imaginez un peu ce que cela donnera une fois que des milliers (millions ?) de personnes auront découvert ce syndrome par le biais de cette série, et qu’elles se contenteront, bien sûr, de cette seule « définition ».
Non, la synesthésie n’est pas un super-pouvoir. D’autre part, elle peut être utile pour certaines personnes, c’est un fait, mais peut également en handicaper d’autres (ce qui est mon cas pour les calculs).
Pour ceux qui auront lu ce billet, sachez donc que les synesthètes ne sont pas fous, et qu’ils ne se prennent pas pour des messies… sauf peut-être quelques rares cas isolés.
En cadeau bonus, le passage dont je vous parlais : http://www.youtube.com/watch?v=bs7dERQuVxE.
Des moments pareils, ça se partage…
Petit billet d’humeur en rapport aux quelques interrogations que je me pose quant à la communication de nos jours, et aux rapports sociaux de façon plus générale.
À l’heure de la mondialisation, le terme « communiquer » est dans toutes les bouches : on communique une information, on communique par téléphone, on communique par Internet, … Nous sommes en quelque sorte entrés dans le siècle de la « communication », de l’échange et du partage. Mais est-ce finalement vraiment le cas ?
Avec l’émergence de l’Internet grand public, il est clair que le partage est omniprésent. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons qui poussent les grands de ce monde à diaboliser cet outil de partage, d’échange(s) (car après tout, c’est à cela qu’il sert), car n’oublions pas que les internautes ne partagent ou n’échangent pas, ils « piratent » (mille millions de mille sabords…).
Mais là n’est pas le sujet. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout le terme « communication ».
Il m’intéresse car j’ai l’impression qu’avec la mise en place de l’Internet Haut Débit et du web 2.0 ce terme a été réduit à sa forme première, à savoir :
v. tr. - 1 (1557) Faire connaître (qqch.) à qqn.
Il semblerait que les gens n’aient plus que 3 moyens de communication (allez, disons 4) :
- L’IRL (ou DVR, parce qu’on est en France ici, flûte). Je pense que cela reste quand même le moyen de communication numéro 1… et encore heureux !
Pas grand-chose à dire sur celui-ci, il est naturel, donc inutile de disserter. - Le téléphone. Ce dernier est plutôt le « allez, disons 4 » que j’évoquais plus haut. En effet, il reste un moyen de communication incontournable, mais j’ai l’impression (peut-être fausse d’ailleurs) qu’il est quelque peu délaissé par les particuliers avec l’émergence de l’Internet Haut Débit (pour les rapports privés tout du moins, car côté professionnel, je pense que c’est encore différent). Délaissé car il semble qu’il soit devenu naturel de correspondre par le biais d’Internet lorsqu’une certaine distance géographique est observée.
S’il était possible auparavant de mettre ça sur le dos des tarifs des opérateurs téléphoniques, ce n’est plus trop le cas aujourd’hui puisque ces mêmes opérateurs proposent à présent des forfaits avec appels illimités vers plusieurs destinations lointaines. - MSN. Ah, celui-là… c’est un incontournable. Tout le monde s’y retrouve pour papoter des heures… mais bien souvent, c’est pour ne rien dire. On en finit par se demander pourquoi ce protocole est si chronophage, hypnotisant presque.
- Facebook. Le petit dernier que tout le monde aime chouchouter !
Eh oui, « inutile, donc indispensable » comme qui dirait. Vous y racontez votre vie, mais de façon superficielle bien sûr (sinon ce ne serait pas intéressant). Vous publiez vos photos, mais surtout, vous vous délectez de celles de vos contacts… souvent des personnes que vous n’avez vues que quelques fois. D’ailleurs vous prendrez soin de laisser une page de votre navigateur ouverte sur votre Home Port (oui, la seule utilité que j’ai trouvé à Facebook, c’est de pouvoir mettre l’interface en “English (Pirate)”, ce qui est quand même assez rare et marrant pour être utilisé !), page que vous réactualiserez plusieurs fois par heure pour voir si personne n’a « communiqué » de nouvelles données.
Aujourd’hui, si vous n’êtes ni sur MSN, ni sur Facebook, non seulement vous n’êtes pas dans le coup, mais en plus vous disparaissez purement et simplement de la circulation.
Si vous n’êtes pas en mesure de voir vos relations IRL, alors c’en est fini de vous, on vous oublie.
Lorsqu’Internet a débarqué, le courrier postal est devenu ringard (pourtant, je ne vois pas en quoi cela fait rétrograde…). On lui préférait le mail, « plus rapide, et moins cher ». Soit, mais dans ce cas pourquoi ne plus l’utiliser ?
Ce n’est pas parce que l’on ne se trouve pas sur les réseaux sociaux ou les protocoles de messagerie instantanée que l’on devient injoignable : les mails, eux, sont toujours là.
Combien de fois ai-je entendu « ah, t’as pas Facebook / MSN… » (sous-entendu « on ne pourra pas communiquer alors… »)…
Mieux encore. Lorsque vous ne vous connectez pas sur les messageries instantanées pendant une longue période, et qu’en revenant, vous signalez gentiment que personne n’a donné de nouvelles (ou n’en a demandé), la réponse qui revient le plus souvent est la suivante : « ben ouais j’ai vu que t’étais plus sur MSN… ».
J’ai le sentiment que plus le nombre de moyens de communication augmente, et moins nous communiquons.
Mais après tout, peut-être n’y a-t-il rien à comprendre. Nous ne vivons plus (ou pas, si nous y avons vraiment vécu un jour) dans une société d’échange mais dans une société de consommation. Alors nous « consommons la communication » également. Les gens se fichent bien de recevoir un long mail (voire une longue lettre) rédigé(e) avec soin ; ce qu’ils veulent, c’est un maximum d’information(s) en un minimum de temps, quitte à ce que ce soit dénué de sens ou de profondeur.
Peut-on espérer que la vapeur se renversera d’ici quelques temps ? C’est en tout cas ce que j’espère.
Si l’on m’avait dit qu’un jour je dédierais un nouveau billet à Facebook, je ne l’aurais probablement pas cru… Et pourtant !
Il y a de cela un peu plus d’un an je publiais un billet diabolisant le site de réseau social du siècle. En effet, nul ne saurait ignorer que Facebook a un rapport quelque peu ambigu avec la collecte et l’utilisation des données personnelles.
Ce qu’il y a d’amusant (si toutefois ma mémoire ne me joue pas des tours), c’est que le fondateur du site, Mark Zuckerberg, a initialement piraté la base de données de son université pour alimenter son site. À présent, Facebook récolte les données de ses utilisateurs et les revend à des tiers, souvent privés, ce qui est bien entendu honteux… par contre Facebook reste muet sur ses données sensibles ; eh oui, la vie privée doit rester privée, n’est-ce pas ?
Je possède un compte Facebook que je n’utilise pas, et sur lequel n’apparaît aucune information personnelle. Il me sert essentiellement à prendre des nouvelles de personnes qui ne sauraient en donner elles-mêmes. Ce réseau social étant le lieu par excellence où l’on étale sa vie, il n’est donc jamais trop difficile d’être à jour.
Il y a quelques semaines j’ai eu l’occasion de corriger un tutoriel pour le Site du Zéro, tutoriel portant sur la « sécurisation » des données personnelles sur Facebook. En réalité, il s’agit plus précisément de pouvoir limiter la propagation de nos données aux premiers venus, car le souci demeure pour les entreprises privées qui les achètent.
Et là, j’avoue que je me suis posé quelques questions, dont une en particulier : et si moi aussi je me mettais à Facebook ?
En effet, avec le recul, je me dis qu’à partir du moment où l’on a Internet, nous ne sommes plus tout à fait anonymes.
Certains diront que si l’on souhaite préserver notre vie privée, il ne faut plus se connecter au réseau… Et c’est là tout le problème. En effet, contrairement à ce que les non initiés peuvent penser, Internet n’est pas un « monde purement virtuel » disparaissant à l’extinction de l’ordinateur. Non, Internet n’est rien d’autre que le prolongement de la vie réelle.
De ce fait, ce que nous disons et faisons sur Internet a autant de répercussions (si ce n’est plus, dans certains cas) que ce que nous disons et faisons dans la vie de tous les jours.
Tourne et vire, j’en arrive au cœur du sujet.
Je fais partie de ceux qui n’ont peut-être rien à cacher mais qui tiennent à leur vie privée, ce qui n’est en rien blâmable.
Je m’efforce de conserver mon petit coin personnel. Malheureusement, je crois que les personnes comme moi ne peuvent y parvenir qu’au prix d’efforts assez considérables.
Cela commence par les adresses électroniques : j’en possède près de 10, et en utilise régulièrement 5, ce qui n’est déjà pas si mal. Mon rêve serait bien évidemment de n’avoir à en utiliser que 2 ou 3 (une personnelle, une autre pour tout ce qui aurait rapport avec les sites et forums où je suis inscrite, voire une dernière pseudo-personnelle pour les différents contacts que je peux avoir sur Internet).
Je suis cependant forcée d’admettre que ce rêve n’est pour l’heure que pure utopie. La plupart de mes contacts ignorent la nétiquette et n’ont pas conscience qu’une adresse mail est aussi personnelle qu’une adresse postale ou un numéro de téléphone ; ils n’utilisent jamais le champ Cci, et pour ceux qui savent ce que c’est, il est assez désagréable de voir qu’ils n’en n’ont rien à faire. Tout ceci m’oblige à recevoir des courriers sur différentes adresses, en sacrifiant ainsi certaines qui petit à petit sont victimes de spam (ce n’est pourtant pas faute d’avoir deux filtres en place).
Après réflexion, j’en suis donc venue à une conclusion ma foi très évidente (mais des fois, on met du temps à percuter) : une personne aura beau prendre toutes les précautions possibles pour conserver ses données personnelles intactes, le danger sera toujours aussi important, et ce en raison de la présence des « autres » (prononcez ça avec un ton un peu mystérieux, sur quelques notes de musique bien percutantes et inquiétantes).
Eh oui, les autres peuvent anéantir en quelques secondes des jours, semaines, mois, voire années d’efforts pour préserver notre intimité… y a de quoi avoir les nerfs à vif, non ?
Le problème s’accroît d’autant plus avec l’existence de ces maudits (prononcez à la québécoise, parce que c’est plus fun) réseaux sociaux. Vous pouvez toujours choisir de ne pas vous y inscrire, pensant préserver vos informations personnelles, mais rien n’empêche vos connaissances de parler de vous sur ces sites (et d’y mettre des photos, vidéos, ou toutes autres choses vous concernant)… et le pire, c’est qu’en général ceux qui le font n’ont pas d’arrière-pensée négative, c’est juste qu’ils ne voient pas en quoi c’est mal, même si on leur explique. Pour couronner le tout, vous ne savez pas ce qui filtre ou non, puisque n’étant pas inscrits, vous n’avez pas accès à la page de vos contacts (à moins que ces derniers ne mettent leurs profils respectifs à disposition du public, ce qui se fait de moins en moins).
Il y a une citation de Chilon que je trouve très intéressante :
Agis avec ton ami comme s’il devenait ton ennemi, et avec ton ennemi comme s’il pouvait devenir ton ami.
En somme, Facebook pourrait s’avérer pratique s’il est utilisé avec parcimonie.
Je me demande donc si je ne vais pas franchir le pas, d’autant qu’en quelques années sa politique a quelque peu évolué. À présent il semblerait qu’il soit possible de demander la suppression (et non la suspension) de son compte, ce qui est une bonne évolution pour ce site si souvent controversé.
D’autre part, Facebook étant devenu incontournable, il pourrait peut-être s’avérer intéressant pour quelques petites bricoles.
Le tout finalement est d’être suffisamment regardant sur les données qui y sont diffusées (par soi-même, ou par des tiers), ce en raison du recoupement d’informations qui est effectué en fond.
Bref, je suis face à un dilemne : continuer à lutter de l’extérieur tout en ne pouvant pas contrôler les éventuelles informations qui peuvent transiter sur le site, ou lutter de l’intérieur et avoir le contrôle de mes données ?
