Le romantisme en musique, ou pourquoi j’ai du mal à le digérer

J’ai récemment achevé une partie de mon programme pianistique, composé d’un traditionnel Prélude et Fugue de Bach (en Sol Majeur, premier recueil du Clavier bien tempéré), d’un premier mouvement d’une sonate classique (J. Haydn cette année) et d’une étude (Étude de Concert opus 13 de G. Pierné).

Arrivent maintenant de nouveaux morceaux : un premier mouvement d’une sonate de Beethoven, et la très redoutée pièce romantique… J’arrivais à passer outre les années précédentes, mais avec la réforme en cours de l’examen qui nous ajoute, dans mon conservatoire, un morceau, je ne peux pas y couper. J’ai eu droit aux Variations ABEGG de R. Schumann.
Pour la petite information, « ABEGG » c’est en fait le nom des notes qui forment le thème : A (La) ; B (Si bémol) ; E (Mi) ; G (Sol) ; G (Sol).

Une question simple se pose : Pourquoi ai-je du mal à digérer les musiques romantiques alors qu’elles sont aimées de beaucoup de monde ?
Précisons toutefois que par « musique romantique », j’entends par là « de l’époque romantique ». Celles qui pourraient avoir été écrites plus tard (de nos jours par exemple) échappent quelque peu à ce rejet… mais pas systématiquement.
Si je n’aime pas ce style, dont la mention spéciale est attribuée aux Ballades et autres Nocturnes de Chopin, c’est avant tout parce qu’il reflète extrêmement bien, je trouve, l’idée que je me fais de la noblesse de l’époque, c’est à dire une classe sociale globalement guindée, appréciant passer de longs moments à rédiger de tendres petits mots doux comme le feraient des élèves de collège, à passer des heures à gambader comme des enfants dans les jardins superbement entretenus par les jardiniers avant de finir au coin du feu à parler de futilités pendant que les domestiques s’affairent tout autour.
Je sais, c’est un cliché, et pourtant, c’est tout ce que je ressens en entendant des musiques romantiques (à quelques exceptions près, peut-être), ce qui a le dont de littéralement me stresser durant l’écoute (que je finis rarement, si le choix m’en est donné).

Les Variations ABEGG ne sont pas trop mal il faut dire, le seul souci, c’est que comme pour tout morceau classique (là encore, il y a bien sûr des exceptions), j’ai assez de mal à mettre des images dessus, donc pour interpréter… dur dur.
Hier mon professeur particulier m’a demandé comment j’imaginais la Comtesse d’Abegg, comtesse imaginaire évidemment (mais qui d’après l’histoire aurait pu être sa mère), ou, plus précisément, ce que je pensais qu’elle faisait… Et après quelques minutes d’hésitation silencieuse, je n’ai, en toute sincérité, rien trouvé de mieux à lui répondre que : « ben à cette époque, ça faisait pas grand-chose les comtesses, non ? ».

Je trouve les œuvres de l’époque romantique — et en particulier celles de Chopin — trop surfaites, tirant un peu trop sur la corde sensible, ce qui, chez moi, a le don de m’agacer (comme un mauvais film du même genre où l’on vous sert des instants Royal Canin à tout va… insupportable en somme).

Au final, je me demande s’il me sera donné de les interpréter convenablement, ces variations…

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2 Responses to Le romantisme en musique, ou pourquoi j’ai du mal à le digérer

  1. Ejis says:

    Salut,

    ouah, lire ça dès le matin, ça pique ! XD

    En ce qui me concerne, j’aime la musique romantique pour sa richesse, et non pour son contexte. Et puis, si l’on doit parler de futilités, la musique baroque ou la musique classique s’adressaient aux élites de l’époque, qui n’étaient pas forcément loin de la vie que tu décris pour le Romantisme. D’aileurs, le Romantisme n’a rien à voir avec de l’eau de rose. Ce serait même plutôt l’inverse.

    C’est vrai qu’en se mettant à penser à un contexte, on peut rapidement déchanter, et c’est pour cela que je préfère prendre une musique pour ce qu’elle est d’abord, dans sa structure. Par exemple, je ne vais pas haïr les cantates de Bach pour leur vocation religieuse, juste parce-que je suis agnostique. Quand j’écoute, je préfère me dire « purée, c’est beau ! », plutôt que de me dire un « c’est quoi ces louanges à la noix ? » d’anti clérical primaire.

    Bref, bon courage ! 😀

  2. Poulpette says:

    Pour le classique, le baroque, et j’en passe, je suis d’accord avec toi. Ceci étant, je trouve les musiques moins surfaites, et donc à mon oreille elles passent beaucoup mieux.
    Il y a des compositeurs encore un peu romantiques, comme Moussorgsky, auxquels j’adhère beaucoup plus (j’adore ses Tableaux d’une exposition, par exemple), voire même beaucoup tout court.

    Par contre les « classiques du romantisme », rien à faire, ça ne passe pas. Certes, j’ai des images qui ne m’aident pas à apprécier la musique, mais même sans cela, je sais pas… ça « tire trop », comme je le disais, et donc pour moi ça ne passe pas.

    Je signale au cas où que je ne pense pas systématiquement à un contexte lorsque j’entends une musique. binette faisant un clin d'œil
    Mais je sais pas, il y a des sons que je ne peux pas avaler. En bien moins recherché, fourni, et tout ce que l’on veut, on peut citer le générique de Petit Ours Brun, que je ne peux vraiment pas écouter, non pas pour son contexte (je n’ai rien contre ce charmant petit dessin animé pour bambins), mais ses rythmes me stressent littéralement (c’est une véritable torture ce générique).

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