Je suis analphabète

Je suis analphabète… c’est le dur constat que j’ai pu et dû faire hier, même si dans mon for intérieur, je le savais déjà.

Il y a des jours où je suis plus ou moins nostalgique, et c’était précisément le cas hier.
J’ai donc décidé de chercher les paroles de vieilles chansons piémontaises, car les vieux enregistrements que nous possédons ne sont pas toujours très bons, et certains mots sont limite inaudibles.
Je cherche, trouve mon bonheur, et décide ensuite d’aller faire un tour sur la Wikipedia piémontaise. Et là, c’est l’horreur : j’ai le sentiment d’être face à une langue inconnue (que je comprends et baragouine pourtant depuis petite). Je ne saisis pas la prononciation, le sens des phrases, voire des mots en fait…

Je trifouille un peu au hasard (enfin pas vraiment), et tombe sur une page expliquant comment lire le piémontais. Et là, l’introduction attire mon attention :

Non è mai troppo tardi

Queste note sono per quei milioni di madrelingua piemontesi, che non hanno avuto istruzione formale nella propria lingua madre. Secondo recenti studi si stima che circa il 98% dei madrelingua piemontesi sia analfabeta rispetto alla propria lingua.

Ce que l’on traduira grossièrement par :

Il n’est jamais trop tard

Ces notes sont pour les quelques millions de personnes dont la langue maternelle est le piémontais et qui n’ont pas reçu une éducation formelle pour leur propre langue. De récentes études estiment qu’environ 98 % de personnes dont la langue maternelle est le piémontais sont analphabètes vis-à-vis de leur propre langue.

Bien que ma vraie langue maternelle soit le français, j’ai toujours entendu parler italien et patois à la maison, et je les considère donc comme deux autres langues maternelles, bien que je n’ai jamais fait de gros efforts pour les parler (flemme, quand tu nous tiens…).
Toujours est-il que le fait est là : je ne sais pas lire (et encore moins écrire) le piémontais… ce que je déplore fortement du reste. Il va donc falloir que je m’arme de patience pour tenter de remédier à ce problème.

Bref, maintenant, je vois ce que l’on peut ressentir en étant analphabète… et ce n’est guère joyeux.

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2 Responses to Je suis analphabète

  1. Fihld says:

    Fichtre ce que j’aurais aimé parler (ou du moins connaître) d’autres langues que le français.

    J’imagine que se rendre compte de l’impossibilité de lire une langue que l’on connaît depuis longtemps doit être difficile.

    Mais bon, comme tu l’as dit, tu dois maintenant te rendre compte de la difficulté d’être analphabète, chose qui n’est pas permise à tout le monde…

  2. Poulpette says:

    Eh, salut toi !

    Oui effectivement, ce n’est pas donné à tout le monde. Dans mon cas, c’est même une sorte de privilège.
    D’un autre côté, mais cela ne rentre plus trop dans le cadre de l’article, il est tout aussi frustrant d’être en face d’étrangers, de comprendre parfaitement ce qu’ils disent, mais de ne pas pouvoir leur répondre. Assez souvent je me vois contrainte d’embêter ma grand-mère pour qu’elle fasse une traduction à sens unique. Quand je suis dans une telle situation, je me dis qu’à la limite, il aurait été moins frustrant de ne rien comprendre du tout.

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