Les œuvres musicales injouables

Les compositeurs doivent-ils tenir compte des interprètes, ou sont-ils libres d’écrire, littéralement, tout ce que bon leur semble ?

C’est la question que l’on est en droit de se poser au regard de certaines œuvres.
Il y a quelques mois, sur un forum de compositeurs (dont je parlerai probablement dans quelques temps), je découvrais au détour d’un topic deux œuvres pour le moins… originales… composées par un certain John Stump.

Ce Stump est un compositeur étasunien réputé pour ses œuvres musicales hilarantes et injouables. Les musiciens s’en rendront vite compte, et les néophytes pourront tout simplement se délecter des indications atypiques présentes sur les partitions.
À noter, toutefois, que les indications sont… en anglais, bien évidemment (précisons-le tout de même, juste au cas où).

Personnellement, j’aimerais bien voir ces créations interprétées au moins une fois, juste pour l’idée. Visuellement parlant, ça doit être grandiose. Mais bon, m’est d’avis que ce n’est pas demain la veille qu’un chef d’orchestre se risquera à étudier et travailler de telles œuvres (d’art).

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8 Responses to Les œuvres musicales injouables

  1. Ejis says:

    Salut,

    mince, j’avais déjà vu la première partition sur Fukung.net, alors j’ai pensé que c’était juste une blague de quelqu’un qui voulait faire peur aux musiciens ! XD
    … et je continue à le penser : suffit de voir les annotations. On ne peut pas écrire ça raisonnablement sans avoir eu sa dose de crack horaire.

    On pourrait toujours essayer de la réécrire sous LilyPond, et l’exporter en MIDI, juste pour voir ce que ça donne ! Mais ça a déjà dû être fait. ^^

  2. Poulpette says:

    Ou alors, on écrit raisonnablement avec, en arrière-pensée, l’envie de se moquer des compositeurs réellement contemporains ?
    Ce n’est pas Cage qui a écrit une pièce exclusivement constituée de silences ? C’est certes moins comique (et encore) et beaucoup plus facile à jouer du coup, mais ça reste très acide je trouve comme production.

    Sinon pour ce qui est d’insérer le contenu de la pièce dans Lilypond pour en écouter le rendu… vu ce qu’il y aurait à mettre, je t’en prie, à toi l’honneur.binette détournant le regard

  3. Krankkatze says:

    Dommage que les barres de mesures soient omises quatre fois sur cinq, qu’on puisse trouver à plusieurs reprises deux fois la même altération dans une même mesure, et que le compositeur n’ait pas choisi de se plier à quelques règles d’écritures. Comme ça, ça donne vraiment l’impression qu’il a voulu s’amuser et n’a pas vraiment fait attention à faire son truc de manière finie. Quitte à faire une blague, autant écrire une partition physiquement injouable, mais qui, en théorie, pourrait l’être, et qui, quand on essaye d’en jouer la musique dans sa tête ou de la simuler avec un ordinateur, donne quelque chose de musicalement intéressant (je ne prétends pas avoir l’oreille absolue, mais il suffit de lire un peu pour se rendre compte que le compositeur n’a vraisemblablement pas fait attention à ce qu’il écrivait, en dehors du “look” général de la partition). Alors, une moquerie, je veux bien, mais autant qu’elle soit bien faite et subtile.

  4. Poulpette says:

    Effectivement, il aurait été intéressant de jouer le jeu jusqu’au bout.

  5. Ouah, excellent !
    Je vais tenter le coup sous Sibelius, rien que pour me marrer.
    Je voudrais bien voir le résultat.

  6. alpiso says:

    Et s’il s’était amusé à faire joli??
    A voir la deuxième page, vu de loin: ca dessine de jolies choses: un poisson, l’heure (1:21), …
    Il est évident que techniquement parlant, c’est injouable: faire un cluster sur un piano, ok, sur un instrument à cordes, ca devient des arpèges!

    Et pourquoi pas de la stéganographie musicale ? (cryptage de donnée aux travers d’oeuvres musicales) 🙂 ?

  7. Poulpette says:

    Laurent → Niveau résultat je pense que cela risque d’être assez cacophonique… Tiens d’ailleurs, en deux mois, as-tu eu le temps d’entrer tout ce mic-mac sous Sibelius ? Parce que ce ne doit pas être une mince affaire…

    alpiso → Intéressante l’idée de la stéganographie musicale, ce serait quelque chose d’amusant à tester ; d’autant que la musique possède tout un tas de règles assez strictes et intelligibles auxquelles nous pourrions avoir recours.
    Faudrait tenter ça une fois.

  8. Klaark says:

    De John Stump, il y a cette transcription (sur logiciel bien sûr, c’est froid et artificiel, mais ça donne déjà une certaine idée de la chose) :

    http://www.youtube.com/watch?v=Gx02KOGhjes

    Cela dit, on peut toujours espérer une interprétation live. Il y a bien eu un orchestre contemporain qui a joué le “Metal Machine Music” de Lou Reed, considéré comme le disque le plus inécoutable du monde…

    Concernant les rapports entre musique et données, Aphex Twin sur son album “Windowlicker” avait un morceau au nom imprononçable (une formule mathématique) qui avait été conçu à partir d’une photo de l’artiste retranscrite en spectre sonore.
    Venetian Snares a fait de même avec une photo de ses chats…

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