Et si le grand méchant Facebook pouvait s’avérer utile ?

Si l’on m’avait dit qu’un jour je dédierais un nouveau billet à Facebook, je ne l’aurais probablement pas cru… Et pourtant !
Il y a de cela un peu plus d’un an je publiais un billet diabolisant le site de réseau social du siècle. En effet, nul ne saurait ignorer que Facebook a un rapport quelque peu ambigu avec la collecte et l’utilisation des données personnelles.

Ce qu’il y a d’amusant (si toutefois ma mémoire ne me joue pas des tours), c’est que le fondateur du site, Mark Zuckerberg, a initialement piraté la base de données de son université pour alimenter son site. À présent, Facebook récolte les données de ses utilisateurs et les revend à des tiers, souvent privés, ce qui est bien entendu honteux… par contre Facebook reste muet sur ses données sensibles ; eh oui, la vie privée doit rester privée, n’est-ce pas ?

Je possède un compte Facebook que je n’utilise pas, et sur lequel n’apparaît aucune information personnelle. Il me sert essentiellement à prendre des nouvelles de personnes qui ne sauraient en donner elles-mêmes. Ce réseau social étant le lieu par excellence où l’on étale sa vie, il n’est donc jamais trop difficile d’être à jour.
Il y a quelques semaines j’ai eu l’occasion de corriger un tutoriel pour le Site du Zéro, tutoriel portant sur la « sécurisation » des données personnelles sur Facebook. En réalité, il s’agit plus précisément de pouvoir limiter la propagation de nos données aux premiers venus, car le souci demeure pour les entreprises privées qui les achètent.
Et là, j’avoue que je me suis posé quelques questions, dont une en particulier :  et si moi aussi je me mettais à Facebook ?

En effet, avec le recul, je me dis qu’à partir du moment où l’on a Internet, nous ne sommes plus tout à fait anonymes.
Certains diront que si l’on souhaite préserver notre vie privée, il ne faut plus se connecter au réseau… Et c’est là tout le problème. En effet, contrairement à ce que les non initiés peuvent penser, Internet n’est pas un « monde purement virtuel » disparaissant à l’extinction de l’ordinateur. Non, Internet n’est rien d’autre que le prolongement de la vie réelle.
De ce fait, ce que nous disons et faisons sur Internet a autant de répercussions (si ce n’est plus, dans certains cas) que ce que nous disons et faisons dans la vie de tous les jours.

Tourne et vire, j’en arrive au cœur du sujet.
Je fais partie de ceux qui n’ont peut-être rien à cacher mais qui tiennent à leur vie privée, ce qui n’est en rien blâmable.
Je m’efforce de conserver mon petit coin personnel. Malheureusement, je crois que les personnes comme moi ne peuvent y parvenir qu’au prix d’efforts assez considérables.
Cela commence par les adresses électroniques : j’en possède près de 10, et en utilise régulièrement 5, ce qui n’est déjà pas si mal. Mon rêve serait bien évidemment de n’avoir à en utiliser que 2 ou 3 (une personnelle, une autre pour tout ce qui aurait rapport avec les sites et forums où je suis inscrite, voire une dernière pseudo-personnelle pour les différents contacts que je peux avoir sur Internet).
Je suis cependant forcée d’admettre que ce rêve n’est pour l’heure que pure utopie. La plupart de mes contacts ignorent la nétiquette et n’ont pas conscience qu’une adresse mail est aussi personnelle qu’une adresse postale ou un numéro de téléphone ; ils n’utilisent jamais le champ Cci, et pour ceux qui savent ce que c’est, il est assez désagréable de voir qu’ils n’en n’ont rien à faire. Tout ceci m’oblige à recevoir des courriers sur différentes adresses, en sacrifiant ainsi certaines qui petit à petit sont victimes de spam (ce n’est pourtant pas faute d’avoir deux filtres en place).

Après réflexion, j’en suis donc venue à une conclusion ma foi très évidente (mais des fois, on met du temps à percuter) :  une personne aura beau prendre toutes les précautions possibles pour conserver ses données personnelles intactes, le danger sera toujours aussi important, et ce en raison de la présence des « autres » (prononcez ça avec un ton un peu mystérieux, sur quelques notes de musique bien percutantes et inquiétantes).
Eh oui, les autres peuvent anéantir en quelques secondes des jours, semaines, mois, voire années d’efforts pour préserver notre intimité… y a de quoi avoir les nerfs à vif, non ?
Le problème s’accroît d’autant plus avec l’existence de ces maudits (prononcez à la québécoise, parce que c’est plus fun) réseaux sociaux. Vous pouvez toujours choisir de ne pas vous y inscrire, pensant préserver vos informations personnelles, mais rien n’empêche vos connaissances de parler de vous sur ces sites (et d’y mettre des photos, vidéos, ou toutes autres choses vous concernant)… et le pire, c’est qu’en général ceux qui le font n’ont pas d’arrière-pensée négative, c’est juste qu’ils ne voient pas en quoi c’est mal, même si on leur explique. Pour couronner le tout, vous ne savez pas ce qui filtre ou non, puisque n’étant pas inscrits, vous n’avez pas accès à la page de vos contacts (à moins que ces derniers ne mettent leurs profils respectifs à disposition du public, ce qui se fait de moins en moins).

Il y a une citation de Chilon que je trouve très intéressante :

Agis avec ton ami comme s’il devenait ton ennemi, et avec ton ennemi comme s’il pouvait devenir ton ami.

En somme, Facebook pourrait s’avérer pratique s’il est utilisé avec parcimonie.
Je me demande donc si je ne vais pas franchir le pas, d’autant qu’en quelques années sa politique a quelque peu évolué. À présent il semblerait qu’il soit possible de demander la suppression (et non la suspension) de son compte, ce qui est une bonne évolution pour ce site si souvent controversé.
D’autre part, Facebook étant devenu incontournable, il pourrait peut-être s’avérer intéressant pour quelques petites bricoles.
Le tout finalement est d’être suffisamment regardant sur les données qui y sont diffusées (par soi-même, ou par des tiers), ce en raison du recoupement d’informations qui est effectué en fond.

Bref, je suis face à un dilemne :  continuer à lutter de l’extérieur tout en ne pouvant pas contrôler les éventuelles informations qui peuvent transiter sur le site, ou lutter de l’intérieur et avoir le contrôle de mes données ?

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3 Responses to Et si le grand méchant Facebook pouvait s’avérer utile ?

  1. wetneb says:

    Ah ah, on bascule du côté obscur de la force ! 🙂
    Bon, je dis ça mais moi aussi j’ai mis de côté mes préoccupations éthiques pour Facebook. Même si je ne me suis inscrit qu’après le scandale des données utilisateur (il me semble), et que je n’ajoute pas d’informations sur mon profil (mon blog est automatiquement indexé par Facebook, mais c’est tout, pas de photos ou autres). Ceci dit, certaines personnes ajoutent forcément des photos sans autorisation, et elles se retrouvent rapidement sur mon profil…
    Finalement, je suis beaucoup plus consommateur d’infos que producteur. Malgré ça, Facebook ayant plus d’audience que mon Vlog, ça me permet d’avoir des retours sur mes billets.

  2. Poulpette says:

    C’est bien ça le souci cependant avec Facebook : les gens semblent être obligés de passer par ce servir pour tout et n’importe quoi.
    Par exemple, je ne vois pas pourquoi il faudrait passer par Facebook pour avoir un retour sur un blog, alors que les commentaires sont là pour ça.

    Bref, c’est vraiment un sale truc ce site, d’ailleurs, je n’ai pas encore rejoint les rangs du côté obscur de la force, je me pose toujours des questions.

  3. Poulet says:

    Fais un compte avec un faux nom et de fausses photos.

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