La noirceur des années 80

January 4th, 2010 | Tags:

Je ne suis pas spécialement adepte des vidéos incrustées (surtout avec des lecteurs pas propres) au sein des articles des blogs, notamment à cause du temps de chargement qu’ils occasionnent, mais je vais devoir faire une exception. Ce qui suit nécessite (ou pas, pour ceux qui se souviendront de tout) de recourir à des extraits de vidéos (honteusement pompées sur Youtube et compagnie) qu’il serait embêtant d’exposer par l’intermédiaire de simples liens (ce qui implique de changer sans cesse de page).
Si toutefois cela devait s’avérer gênant, j’éditerai les lecteurs et aurai recours à des liens traditionnels.

Il y a quelques semaines je me calais tranquillement devant un « vieux » (j’emploie ce terme parce que ça commence à dater) film du début des années 80 : Bandits, Bandits.
Un film familial somme toute assez banal mais sympathique au demeurant, devant lequel je retrouvais mon âme d’enfant (… ah ouais non, elle n’est pas encore partie), m’émerveillant devant tous ces effets spéciaux vieillissants qui, petite, me faisaient rêver (alors qu’aujourd’hui je peste fermement devant certains films où le faux se voit trop).
Eh oui, il n’y a guère que les sentai de nos jours pour rivaliser avec ces anciennes productions. Mais passons.

C’est en regardant tranquillement le film que j’ai pris conscience de la noirceur (et donc de la « profondeur », au sens le plus large du terme bien sûr) des années 80…
Bon vous me direz il y a toujours les quelques exceptions qui confirment la règle, mais c’est vrai qu’en comparaison avec la charte graphique des années 2000 (vive le flashy et le glossy), c’est le jour et la nuit… c’est le cas de le dire.

Réfléchissant quelques instants, j’ai donc fait le tour de tout ce qui avait pu personnellement me marquer durant ces années-là (avec un peu de retard pour certaines choses, puisque je suis née à la fin des années 80) dans l’univers audiovisuel… et c’est vrai que tout est noir.

Au niveau visuel, nous avons le droit… au noir, mais plus généralement à tout ce qui peut être foncé (ben oui… noir sur noir c’est moche, faut bien diversifier les couleurs, quand même !). Tout ceci ne serait rien sans des rues humides et de la fumée un peu partout.

Quant à la musique, elle n’est pas en reste puisqu’on aura tendance à utiliser des échos, tout plein d’effets qui donnent une sensation de profondeur et de lointain.
Voyez plutôt.

Du côté des publicités

Comme partout, nous avons l’embarras du choix, alors j’en ai sélectionné quelques-unes qui me rappellent de bons souvenirs.

Parfois on sort du noir pour aller vers le délavé, le terne…

Du côté des génériques

Là, il y en a à la pelle… alors j’en ai pris quelques-uns, juste comme ça.

Bon O.K., pour le précédent on me dira que c’est normal parce que les vols sont commis la nuit… Quid de ce générique-là alors ?

Il fait pas toujours sombre quand on part à l’aventure quand même…

Un petit dernier pour la route : 

Il ne fait pas si noir que ça dans la série à la base…

Un p’tit tour du côté des éditeurs

Les célèbres (enfin peut-être que pour moi ?) éditions Proserpine.

Un petit tour par René Château Vidéo : 

En passant par Vestron Video International : 

Et enfin, les films

Ben là, y en a un bon paquet… certains m’ont beaucoup marquée, comme une célèbre trilogie qu’on ne nomme même plus (ça se passe dans les étoiles) ou encore Blade Runner (alors là pour être sombre, c’est sombre… je ne l’ai même pas vu jusqu’au bout).
Étant surtout attirée par l’animation je note que les productions des années 80 sont assez particulières… j’ai en tête notamment Fievel et le nouveau monde de Don Bluth ou encore Les malheurs de Heidi (non, pas Sophie) de Hanna-Barbera.
Pour le premier, la scène avec la souris mécanique avait le don de m’effrayer, voire de me mettre mal à l’aise.
Quant au second, j’ai beaucoup ri devant certaines scènes, alors que devant d’autres, c’était une autre histoire. Je me souviens notamment d’une partie du film durant laquelle Heidi fait un cauchemar ; ça m’a toujours impressionnée (logique remarquez, c’est un cauchemar), et la musique qui couvre la scène fait partie de celles qui adoptent des rythmes qui me sont difficilement supportables.

Toujours en matière d’animation, vous avez Basile, détective privé de chez tonton Walt Disney durant lequel le jour ne pointe pas une seule fois le bout de son nez, à part peut-être à la toute fin (du moins il me semble, car ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu).
Quant à la musique, c’est un peu pareil. Prenez ne serait-ce que les clips (et sonorités) d’un grand chanteur décédé il y a quelques mois, c’était assez sombre durant cette décennie.

Bref… simple constat fait récemment :  les années 80, c’est d’un noir profond.

  1. Yannick
    January 14th, 2010 at 14:59
    Reply | Quote | #1

    Propos et analyses – comme d’habitude – pertinents et intéressants, que je ne cantonnerais cependant pas aux seules années 80.

    Oublions un instant le distingo visuel / thématique, et, si on regarde bien, on peut constater que “All dogs go to heaven” de Don Bluth (1989) n’est pas le dernier en liste même s’il clôt chronologiquement les eighties.

    Je pense notamment à Hocus Pocus (1993), qui se déroule presque intégralement la nuit d’Halloween, à Casper (1995), ou au deux opus de la saga Addams Family (1991 et 1993, si ma mémoire est bonne). Ce à quoi il faudrait rajouter Lilo & Stitch, par exemple, qui est un des disney les plus sombres de par son contexte familial dramatique. Pour sortir de l’animation, j’ai en tête les scènes nocturnes de “Gattaca”, de “The Fugitive”, ou encore celles de Jurassic Park.

    Après, on a des intrigues très noires, mais visuellement peu sombres, à l’instar d’Insomnia, par exemple, ou d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind, par exemple.

    Je finirais en disant juste un petit mot sur les sources techniques de tes documents. Je ne suis pas sûr qu’à l’époque on trouvait “sombres” ces documents comme le premier sur Sega, ou terne celui de Banga, par exemple.

    L’autre jour, je travaillais sur Merlin l’enchanteur, et en visionnant la copie VHS de 1987 que j’ai précieusement gardée, j’ai eu la surprise de voir à quel point l’image était flashy, ce qui n’est pas le cas de la réédition récemment diffusée à la télévision, par exemple.

    Or, on sait que, sur les VHS, la luminance est le signal le plus fragile, surtout en SECAM. Autrement dit, que reste t-il de luminance sur les documents dont tu parles ici ?

    A part ça, tiens, y’a une pianiste au journal de 13h donc le parcours devrait t’intéresser….et t’inspirer ;)