XXIe siècle :  communique-t-on réellement plus ?

Petit billet d’humeur en rapport aux quelques interrogations que je me pose quant à la communication de nos jours, et aux rapports sociaux de façon plus générale.

À l’heure de la mondialisation, le terme « communiquer » est dans toutes les bouches : on communique une information, on communique par téléphone, on communique par Internet, … Nous sommes en quelque sorte entrés dans le siècle de la « communication », de l’échange et du partage. Mais est-ce finalement vraiment le cas ?
Avec l’émergence de l’Internet grand public, il est clair que le partage est omniprésent. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons qui poussent les grands de ce monde à diaboliser cet outil de partage, d’échange(s) (car après tout, c’est à cela qu’il sert), car n’oublions pas que les internautes ne partagent ou n’échangent pas, ils « piratent » (mille millions de mille sabords…).

Mais là n’est pas le sujet. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout le terme « communication ».
Il m’intéresse car j’ai l’impression qu’avec la mise en place de l’Internet Haut Débit et du web 2.0 ce terme a été réduit à sa forme première, à savoir :

v. tr. – 1 (1557) Faire connaître (qqch.) à qqn.

Il semblerait que les gens n’aient plus que 3 moyens de communication (allez, disons 4) :

  • L’IRL (ou DVR, parce qu’on est en France ici, flûte). Je pense que cela reste quand même le moyen de communication numéro 1… et encore heureux !
    Pas grand-chose à dire sur celui-ci, il est naturel, donc inutile de disserter.
  • Le téléphone. Ce dernier est plutôt le « allez, disons 4 » que j’évoquais plus haut. En effet, il reste un moyen de communication incontournable, mais j’ai l’impression (peut-être fausse d’ailleurs) qu’il est quelque peu délaissé par les particuliers avec l’émergence de l’Internet Haut Débit (pour les rapports privés tout du moins, car côté professionnel, je pense que c’est encore différent). Délaissé car il semble qu’il soit devenu naturel de correspondre par le biais d’Internet lorsqu’une certaine distance géographique est observée.
    S’il était possible auparavant de mettre ça sur le dos des tarifs des opérateurs téléphoniques, ce n’est plus trop le cas aujourd’hui puisque ces mêmes opérateurs proposent à présent des forfaits avec appels illimités vers plusieurs destinations lointaines.
  • MSN. Ah, celui-là… c’est un incontournable. Tout le monde s’y retrouve pour papoter des heures… mais bien souvent, c’est pour ne rien dire. On en finit par se demander pourquoi ce protocole est si chronophage, hypnotisant presque.
  • Facebook. Le petit dernier que tout le monde aime chouchouter !
    Eh oui, « inutile, donc indispensable » comme qui dirait. Vous y racontez votre vie, mais de façon superficielle bien sûr (sinon ce ne serait pas intéressant). Vous publiez vos photos, mais surtout, vous vous délectez de celles de vos contacts… souvent des personnes que vous n’avez vues que quelques fois. D’ailleurs vous prendrez soin de laisser une page de votre navigateur ouverte sur votre Home Port (oui, la seule utilité que j’ai trouvé à Facebook, c’est de pouvoir mettre l’interface en “English (Pirate)”, ce qui est quand même assez rare et marrant pour être utilisé !), page que vous réactualiserez plusieurs fois par heure pour voir si personne n’a « communiqué » de nouvelles données.

Aujourd’hui, si vous n’êtes ni sur MSN, ni sur Facebook, non seulement vous n’êtes pas dans le coup, mais en plus vous disparaissez purement et simplement de la circulation.
Si vous n’êtes pas en mesure de voir vos relations IRL, alors c’en est fini de vous, on vous oublie.

Lorsqu’Internet a débarqué, le courrier postal est devenu ringard (pourtant, je ne vois pas en quoi cela fait rétrograde…). On lui préférait le mail, « plus rapide, et moins cher ». Soit, mais dans ce cas pourquoi ne plus l’utiliser ?
Ce n’est pas parce que l’on ne se trouve pas sur les réseaux sociaux ou les protocoles de messagerie instantanée que l’on devient injoignable : les mails, eux, sont toujours là.

Combien de fois ai-je entendu « ah, t’as pas Facebook / MSN… » (sous-entendu « on ne pourra pas communiquer alors… »)…
Mieux encore. Lorsque vous ne vous connectez pas sur les messageries instantanées pendant une longue période, et qu’en revenant, vous signalez gentiment que personne n’a donné de nouvelles (ou n’en a demandé), la réponse qui revient le plus souvent est la suivante&#160: « ben ouais j’ai vu que t’étais plus sur MSN… ».

J’ai le sentiment que plus le nombre de moyens de communication augmente, et moins nous communiquons.
Mais après tout, peut-être n’y a-t-il rien à comprendre. Nous ne vivons plus (ou pas, si nous y avons vraiment vécu un jour) dans une société d’échange mais dans une société de consommation. Alors nous « consommons la communication  » également. Les gens se fichent bien de recevoir un long mail (voire une longue lettre) rédigé(e) avec soin ; ce qu’ils veulent, c’est un maximum d’information(s) en un minimum de temps, quitte à ce que ce soit dénué de sens ou de profondeur.

Peut-on espérer que la vapeur se renverse d’ici quelques temps ? C’est en tout cas ce que j’espère.

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Et si le grand méchant Facebook pouvait s’avérer utile ?

Si l’on m’avait dit qu’un jour je dédierais un nouveau billet à Facebook, je ne l’aurais probablement pas cru… Et pourtant !
Il y a de cela un peu plus d’un an je publiais un billet diabolisant le site de réseau social du siècle. En effet, nul ne saurait ignorer que Facebook a un rapport quelque peu ambigu avec la collecte et l’utilisation des données personnelles.

Ce qu’il y a d’amusant (si toutefois ma mémoire ne me joue pas des tours), c’est que le fondateur du site, Mark Zuckerberg, a initialement piraté la base de données de son université pour alimenter son site. À présent, Facebook récolte les données de ses utilisateurs et les revend à des tiers, souvent privés, ce qui est bien entendu honteux… par contre Facebook reste muet sur ses données sensibles ; eh oui, la vie privée doit rester privée, n’est-ce pas ?

Je possède un compte Facebook que je n’utilise pas, et sur lequel n’apparaît aucune information personnelle. Il me sert essentiellement à prendre des nouvelles de personnes qui ne sauraient en donner elles-mêmes. Ce réseau social étant le lieu par excellence où l’on étale sa vie, il n’est donc jamais trop difficile d’être à jour.
Il y a quelques semaines j’ai eu l’occasion de corriger un tutoriel pour le Site du Zéro, tutoriel portant sur la « sécurisation » des données personnelles sur Facebook. En réalité, il s’agit plus précisément de pouvoir limiter la propagation de nos données aux premiers venus, car le souci demeure pour les entreprises privées qui les achètent.
Et là, j’avoue que je me suis posé quelques questions, dont une en particulier :  et si moi aussi je me mettais à Facebook ?

En effet, avec le recul, je me dis qu’à partir du moment où l’on a Internet, nous ne sommes plus tout à fait anonymes.
Certains diront que si l’on souhaite préserver notre vie privée, il ne faut plus se connecter au réseau… Et c’est là tout le problème. En effet, contrairement à ce que les non initiés peuvent penser, Internet n’est pas un « monde purement virtuel » disparaissant à l’extinction de l’ordinateur. Non, Internet n’est rien d’autre que le prolongement de la vie réelle.
De ce fait, ce que nous disons et faisons sur Internet a autant de répercussions (si ce n’est plus, dans certains cas) que ce que nous disons et faisons dans la vie de tous les jours.

Tourne et vire, j’en arrive au cœur du sujet.
Je fais partie de ceux qui n’ont peut-être rien à cacher mais qui tiennent à leur vie privée, ce qui n’est en rien blâmable.
Je m’efforce de conserver mon petit coin personnel. Malheureusement, je crois que les personnes comme moi ne peuvent y parvenir qu’au prix d’efforts assez considérables.
Cela commence par les adresses électroniques : j’en possède près de 10, et en utilise régulièrement 5, ce qui n’est déjà pas si mal. Mon rêve serait bien évidemment de n’avoir à en utiliser que 2 ou 3 (une personnelle, une autre pour tout ce qui aurait rapport avec les sites et forums où je suis inscrite, voire une dernière pseudo-personnelle pour les différents contacts que je peux avoir sur Internet).
Je suis cependant forcée d’admettre que ce rêve n’est pour l’heure que pure utopie. La plupart de mes contacts ignorent la nétiquette et n’ont pas conscience qu’une adresse mail est aussi personnelle qu’une adresse postale ou un numéro de téléphone ; ils n’utilisent jamais le champ Cci, et pour ceux qui savent ce que c’est, il est assez désagréable de voir qu’ils n’en n’ont rien à faire. Tout ceci m’oblige à recevoir des courriers sur différentes adresses, en sacrifiant ainsi certaines qui petit à petit sont victimes de spam (ce n’est pourtant pas faute d’avoir deux filtres en place).

Après réflexion, j’en suis donc venue à une conclusion ma foi très évidente (mais des fois, on met du temps à percuter) :  une personne aura beau prendre toutes les précautions possibles pour conserver ses données personnelles intactes, le danger sera toujours aussi important, et ce en raison de la présence des « autres » (prononcez ça avec un ton un peu mystérieux, sur quelques notes de musique bien percutantes et inquiétantes).
Eh oui, les autres peuvent anéantir en quelques secondes des jours, semaines, mois, voire années d’efforts pour préserver notre intimité… y a de quoi avoir les nerfs à vif, non ?
Le problème s’accroît d’autant plus avec l’existence de ces maudits (prononcez à la québécoise, parce que c’est plus fun) réseaux sociaux. Vous pouvez toujours choisir de ne pas vous y inscrire, pensant préserver vos informations personnelles, mais rien n’empêche vos connaissances de parler de vous sur ces sites (et d’y mettre des photos, vidéos, ou toutes autres choses vous concernant)… et le pire, c’est qu’en général ceux qui le font n’ont pas d’arrière-pensée négative, c’est juste qu’ils ne voient pas en quoi c’est mal, même si on leur explique. Pour couronner le tout, vous ne savez pas ce qui filtre ou non, puisque n’étant pas inscrits, vous n’avez pas accès à la page de vos contacts (à moins que ces derniers ne mettent leurs profils respectifs à disposition du public, ce qui se fait de moins en moins).

Il y a une citation de Chilon que je trouve très intéressante :

Agis avec ton ami comme s’il devenait ton ennemi, et avec ton ennemi comme s’il pouvait devenir ton ami.

En somme, Facebook pourrait s’avérer pratique s’il est utilisé avec parcimonie.
Je me demande donc si je ne vais pas franchir le pas, d’autant qu’en quelques années sa politique a quelque peu évolué. À présent il semblerait qu’il soit possible de demander la suppression (et non la suspension) de son compte, ce qui est une bonne évolution pour ce site si souvent controversé.
D’autre part, Facebook étant devenu incontournable, il pourrait peut-être s’avérer intéressant pour quelques petites bricoles.
Le tout finalement est d’être suffisamment regardant sur les données qui y sont diffusées (par soi-même, ou par des tiers), ce en raison du recoupement d’informations qui est effectué en fond.

Bref, je suis face à un dilemne :  continuer à lutter de l’extérieur tout en ne pouvant pas contrôler les éventuelles informations qui peuvent transiter sur le site, ou lutter de l’intérieur et avoir le contrôle de mes données ?

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La carte de visite de Cat’s Eye

Celles et ceux qui ont comme moi une vingtaine d’années (et plus) se souviennent probablement de cette série culte des années 80, j’ai nommé Cat’s Eye (Signé Cat’s Eyes en version française).

En quelques mots, cette série nous conte l’histoire des sœurs Chamade (Cylia, Tam, et Alex), propriétaires d’un café le jour (café baptisé Cat’s Eye, d’ailleurs), et voleuses d’œuvres d’art la nuit.
Elles dérobent en réalité les œuvres de la collection d’un certain Michel Heinz, disparu depuis de nombreuses années, et qui s’avère être leur père. Rassembler sa collection est pour elles le seul moyen de découvrir ce qu’il est advenu de lui.
Pour corser l’affaire, Tam (seconde du trio) est la petite amie d’un certain Quentin Chapuis, inspecteur de police chargé de l’affaire Cat’s Eye… qui ne parvient jamais à les attraper.
Il est à noter qu’avant de commettre un cambriolage, elles laissent systématiquement une carte de visite annonçant le jour et l’heure de leur méfait ainsi que le nom de l’œuvre convoitée.

Cette série fut donc un bon petit succès, et ce pour plusieurs raisons (pour n’en citer qu’une : le scénario, qui est assez original) que je ne traiterai pas car ce n’est tout simplement pas là que je veux en venir.

Moi, je veux parler de la carte de visite de Cat’s Eye.
Certes, s’attarder sur une carte pourrait sembler pour le moins saugrenu, mais moi cette chose m’intrigue depuis de longues années.
Une carte de visite est généralement en carton, mais a-t-on jamais vu du carton s’insérer dans du béton ? Oui, dans du béton, et ce n’est qu’un exemple.
J’aimerais profondément savoir quel est le matériau utilisé pour fabriquer cette petite chose, parce qu’on peut vraiment faire tout et n’importe quoi avec.

Le souci c’est que tout laisse à penser que c’est bien un matériau fragile…
Dans la mesure où je suis en train de visionner une nouvelle fois l’intégrale de la série, je me suis dit que j’allais prendre quelques captures, que voici (cliquez sur l’image pour la voir dans une taille plus lisible) :
mosaïque d'images de la série
Comme on peut le constater, ces cartes peuvent se planter dans n’importe quel mur (c’est valable aussi pour les sols), désarmer quelqu’un, sectionner des câbles (ici un câble électrique, causant un court-circuit), couper / percer des pneus… pourtant, on remarque que les cartes se froissent très facilement, sont combustibles, et se mettent en pièces sans problème…

Bref, franchement, je me suis toujours demandé quel était le « truc »… Si vous avez une idée, je prends… enfin en même temps quand on voit que les sœurs sont capables de faire des bonds de plus de 5 mètres de haut, je me dis qu’il n’y a rien à comprendre.

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zCorrecteurs… j’en suis !

Avant d’entamer l’article, il serait bon que j’explique rapidement qui sont les « zCorrecteurs ».
Ce sont principalement des membres du désormais célèbre site du zéro, qui, en ayant assez de voir des tutoriels plus ou moins bourrés de fautes publiés sur le site, ont décidé de réagir. L’idée, comme vous pouvez maintenant vous en douter, est de corriger les tutoriels afin que la qualité du site qui les publie n’en pâtisse pas trop (et puis même, c’est toujours plus agréable de lire quelque chose de propre).

Cela faisait quelques temps déjà que je reluquais un poste dans l’équipe, mais cette dernière était complète, aussi me fallait-il attendre qu’ils aient besoin de membres supplémentaires pour tenter ma chance.
L’occasion m’en fut donnée le 4 novembre dernier, lorsqu’une importante campagne de recrutement fut lancée. Il s’agissait tout d’abord de rédiger une lettre de motivation accompagnée d’un petit texte (une quinzaine de lignes environ) au sujet non spécifié ; comprenez alors qu’il nous était possible de parler de ce que bon nous semble, mais de préférence quelque chose qui nous tienne à cœur.
Ni une, ni deux, je rends ma copie le jour même.
J’ai dû par la suite attendre une petite vingtaine de jours pour savoir si j’avais réussi la première épreuve. Ce fut le cas, et j’ai donc pu participer à l’ultime test (et non des moindres), qui consistait en la correction d’un tutoriel en temps limité (nous n’avions qu’une semaine environ pour rendre notre « copie »). À ce niveau, nous avons été gâtés ! La copie, une fois corrigée, était entièrement rouge (ou presque), si bien qu’il était difficile d’effectuer des relectures (mais j’en fus bien obligée, pour tenter d’oublier le moins de fautes possible).
Une fois ma correction envoyée, je n’avais plus qu’à patienter.

L’attente fut longue, très longue… et cette nuit (du 25 au 26 décembre, donc), les résultats tombèrent. Finalité ? J’ai été acceptée !
Je vais à présent me faire parrainer par un autre zCorrecteur en attendant de définitivement voler de mes propres ailes.

Bref, un beau cadeau virtuel pour la fin de l’année !

Édition : pour les curieux, un lien vers le site de la zCorrection est disponible… dans mes liens, justement.

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Les œuvres musicales injouables

Les compositeurs doivent-ils tenir compte des interprètes, ou sont-ils libres d’écrire, littéralement, tout ce que bon leur semble ?

C’est la question que l’on est en droit de se poser au regard de certaines œuvres.
Il y a quelques mois, sur un forum de compositeurs (dont je parlerai probablement dans quelques temps), je découvrais au détour d’un topic deux œuvres pour le moins… originales… composées par un certain John Stump.

Ce Stump est un compositeur étasunien réputé pour ses œuvres musicales hilarantes et injouables. Les musiciens s’en rendront vite compte, et les néophytes pourront tout simplement se délecter des indications atypiques présentes sur les partitions.
À noter, toutefois, que les indications sont… en anglais, bien évidemment (précisons-le tout de même, juste au cas où).

Personnellement, j’aimerais bien voir ces créations interprétées au moins une fois, juste pour l’idée. Visuellement parlant, ça doit être grandiose. Mais bon, m’est d’avis que ce n’est pas demain la veille qu’un chef d’orchestre se risquera à étudier et travailler de telles œuvres (d’art).

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Je suis analphabète

Je suis analphabète… c’est le dur constat que j’ai pu et dû faire hier, même si dans mon for intérieur, je le savais déjà.

Il y a des jours où je suis plus ou moins nostalgique, et c’était précisément le cas hier.
J’ai donc décidé de chercher les paroles de vieilles chansons piémontaises, car les vieux enregistrements que nous possédons ne sont pas toujours très bons, et certains mots sont limite inaudibles.
Je cherche, trouve mon bonheur, et décide ensuite d’aller faire un tour sur la Wikipedia piémontaise. Et là, c’est l’horreur : j’ai le sentiment d’être face à une langue inconnue (que je comprends et baragouine pourtant depuis petite). Je ne saisis pas la prononciation, le sens des phrases, voire des mots en fait…

Je trifouille un peu au hasard (enfin pas vraiment), et tombe sur une page expliquant comment lire le piémontais. Et là, l’introduction attire mon attention :

Non è mai troppo tardi

Queste note sono per quei milioni di madrelingua piemontesi, che non hanno avuto istruzione formale nella propria lingua madre. Secondo recenti studi si stima che circa il 98% dei madrelingua piemontesi sia analfabeta rispetto alla propria lingua.

Ce que l’on traduira grossièrement par :

Il n’est jamais trop tard

Ces notes sont pour les quelques millions de personnes dont la langue maternelle est le piémontais et qui n’ont pas reçu une éducation formelle pour leur propre langue. De récentes études estiment qu’environ 98 % de personnes dont la langue maternelle est le piémontais sont analphabètes vis-à-vis de leur propre langue.

Bien que ma vraie langue maternelle soit le français, j’ai toujours entendu parler italien et patois à la maison, et je les considère donc comme deux autres langues maternelles, bien que je n’ai jamais fait de gros efforts pour les parler (flemme, quand tu nous tiens…).
Toujours est-il que le fait est là : je ne sais pas lire (et encore moins écrire) le piémontais… ce que je déplore fortement du reste. Il va donc falloir que je m’arme de patience pour tenter de remédier à ce problème.

Bref, maintenant, je vois ce que l’on peut ressentir en étant analphabète… et ce n’est guère joyeux.

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Le romantisme en musique, ou pourquoi j’ai du mal à le digérer

J’ai récemment achevé une partie de mon programme pianistique, composé d’un traditionnel Prélude et Fugue de Bach (en Sol Majeur, premier recueil du Clavier bien tempéré), d’un premier mouvement d’une sonate classique (J. Haydn cette année) et d’une étude (Étude de Concert opus 13 de G. Pierné).

Arrivent maintenant de nouveaux morceaux : un premier mouvement d’une sonate de Beethoven, et la très redoutée pièce romantique… J’arrivais à passer outre les années précédentes, mais avec la réforme en cours de l’examen qui nous ajoute, dans mon conservatoire, un morceau, je ne peux pas y couper. J’ai eu droit aux Variations ABEGG de R. Schumann.
Pour la petite information, « ABEGG » c’est en fait le nom des notes qui forment le thème : A (La) ; B (Si bémol) ; E (Mi) ; G (Sol) ; G (Sol).

Une question simple se pose : Pourquoi ai-je du mal à digérer les musiques romantiques alors qu’elles sont aimées de beaucoup de monde ?
Précisons toutefois que par « musique romantique », j’entends par là « de l’époque romantique ». Celles qui pourraient avoir été écrites plus tard (de nos jours par exemple) échappent quelque peu à ce rejet… mais pas systématiquement.
Si je n’aime pas ce style, dont la mention spéciale est attribuée aux Ballades et autres Nocturnes de Chopin, c’est avant tout parce qu’il reflète extrêmement bien, je trouve, l’idée que je me fais de la noblesse de l’époque, c’est à dire une classe sociale globalement guindée, appréciant passer de longs moments à rédiger de tendres petits mots doux comme le feraient des élèves de collège, à passer des heures à gambader comme des enfants dans les jardins superbement entretenus par les jardiniers avant de finir au coin du feu à parler de futilités pendant que les domestiques s’affairent tout autour.
Je sais, c’est un cliché, et pourtant, c’est tout ce que je ressens en entendant des musiques romantiques (à quelques exceptions près, peut-être), ce qui a le dont de littéralement me stresser durant l’écoute (que je finis rarement, si le choix m’en est donné).

Les Variations ABEGG ne sont pas trop mal il faut dire, le seul souci, c’est que comme pour tout morceau classique (là encore, il y a bien sûr des exceptions), j’ai assez de mal à mettre des images dessus, donc pour interpréter… dur dur.
Hier mon professeur particulier m’a demandé comment j’imaginais la Comtesse d’Abegg, comtesse imaginaire évidemment (mais qui d’après l’histoire aurait pu être sa mère), ou, plus précisément, ce que je pensais qu’elle faisait… Et après quelques minutes d’hésitation silencieuse, je n’ai, en toute sincérité, rien trouvé de mieux à lui répondre que : « ben à cette époque, ça faisait pas grand-chose les comtesses, non ? ».

Je trouve les œuvres de l’époque romantique — et en particulier celles de Chopin — trop surfaites, tirant un peu trop sur la corde sensible, ce qui, chez moi, a le don de m’agacer (comme un mauvais film du même genre où l’on vous sert des instants Royal Canin à tout va… insupportable en somme).

Au final, je me demande s’il me sera donné de les interpréter convenablement, ces variations…

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Champ Cci, ou comment lutter contre le spam et le traitement de données personnelles

S’il est certain qu’Internet s’est démocratisé ces dernières années et que le grand public peut maintenant en jouir, les bonnes pratiques liées à son utilisation (sécurité, respect de la nétiquette), elles, sont encore loin d’être entrées dans les mœurs.

L’un des exemples les plus probants est le fameux champ Cci, disponible dans tous les systèmes de messagerie électronique (qu’il s’agisse d’un Webmail ou d’un client de messagerie).
Ce champ, fort pratique, permet dans un premier temps d’envoyer une copie du mail à d’autres destinataires sans que ces derniers ne puissent voir les adresses électroniques des uns et des autres ; seule celle de l’expéditeur est visible… ce qui semble assez logique.

L’ennui vient du fait que beaucoup ignorent l’existence de ce champ… et ne l’utilisent donc pas. D’autres – et là cela devient plus gênant – le connaissent, souvent parce qu’un tiers leur en a parlé, et ne l’utilisent pas, non pas pour de mauvaises intentions, mais simplement parce qu’ils ne maîtrisent pas l’ampleur de son importance et oublient donc tout simplement d’y avoir recours.

Or, il faut bien se mettre en tête que le champ Cci est important.
Il l’est pour deux choses :

  • Il empêche un traitement illégal des données à caractère personnel.
    Commençons par citer l’article 2 de la loi 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux
    fichiers, et aux libertés :

    Constitue une donnée à caractère personnel toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, par référence à un numéro d’identification ou à un ou plusieurs éléments qui lui sont propres. Pour déterminer si une personne est identifiable, il convient de considérer l’ensemble des moyens en vue de permettre son identification dont dispose ou auxquels peut avoir accès le responsable du traitement ou toute autre personne.

    En clair, une adresse électronique permet d’identifier une personne de façon directe (si le nom et le prénom sont clairement signalés dans l’adresse) ou indirecte (si c’est un pseudonyme).
    Dès lors, la loi vous interdit de jouir comme bon vous semble d’une adresse électronique qui n’est pas vôtre. C’est notamment pour cela que vous n’avez logiquement aucun droit pour communiquer une adresse à un tiers sans que le concerné soit au courant et ait donné son accord.

    Revenons-en, du coup, au champ Cci. Si vous devez envoyer un mail à plusieurs de vos contacts et que vous mettez les adresses les unes à la suite des autres dans le champ « À », vous effectuez un traitement de données à caractère personnel. Eh oui, chacun de vos contacts va recevoir, en plus du message, la liste de toutes les adresses électroniques de ceux à qui le mail aura été envoyé.
    C’est ainsi qu’une personne A pourrait voir son adresse collectée (volontairement ou non) par une personne Z qui lui est totalement inconnue, et cela grâce à un contact commun.

  • Il lutte, d’une certaine façon, contre le spam.
    Qui n’a jamais reçu au moins une fois un fameux mail commençant par « Re » ou « FW »… vous savez, ces chaînes stupides où il faut faire telle chose en tant de temps pour avoir tout plein d’amis, ou encore ces fameux mails « informatifs » qui vous préviennent du prochain grand virus à coup de phrases mal orthographiées et ainsi de suite.
    Souvent, lorsque les gens font suivre ces idioties… ils se contentent d’une fonction intitulée « transmettre » ou « faire suivre ». Que se passe-t-il ? Eh bien en général ils choisissent d’expédier ceci à l’ensemble de leurs contacts. Les adresses électroniques se retrouvent une fois de plus dans le champ « À », et hop, voici que ces dernières sont expédiées un peu partout dans la nature virtuelle.
    L’ennui, c’est que c’est avec cette méthode, bien souvent, que vos contacts peuvent être infectés par du spam. Les adresses sont récoltées et utilisées à des fins illégales (le spam est illégal, rappelons-le).
    Pour peu que vous ayez mis dans vos contacts des adresses vraiment personnelles voire professionnelles, ces dernières peuvent donc du jour au lendemain commencer à recevoir des chaînes de mails provenant de vos contacts ou du spam. Avouez que cela a de quoi en faire rager plus d’un.

Il est temps, je crois, que chacun prenne conscience des outils mis à notre disposition.
Assez souvent je me suis vue demander à des contacts de ne pas m’inclure dans des chaînes de mails, ou à la rigueur de recourir au champ Cci, et à chaque fois, c’est la même chose : j’ai accès à la quasi-totalité des adresses électroniques des contacts de mes contacts (phrase quelque peu lourde). Par-dessus le marché, il m’est arrivé de recevoir des chaînes de mails envoyées par des personnes que je ne connaissais pas mais qui étaient dans la liste d’un de mes contacts. On voit vite comment cela peut dégénérer.

Dans mon cas, j’utilise plusieurs adresses e-mail, ce qui me permet de limiter quelque peu la casse. Ce qui est désolant, c’est lorsque l’on se voit contraint de ne pas pouvoir communiquer d’adresse plus personnelle à des proches pour la simple et bonne raison que ces derniers ne savent pas utiliser (c’est le mot) leur système de messagerie.

En bref, il serait bon que les internautes soient véritablement formés à l’outil informatique (ce qui englobe l’utilisation d’Internet). Petit à petit cela se met en place, notamment avec l’apparition récente du diplôme C2I, mais c’est encore trop lent à mon goût.

Pour conclure, rappelons que si vous effectuez un traitement de données à caractère personnel, vous pouvez faire l’objet de poursuites judiciaires… Une chance que beaucoup l’ignorent ou passent l’éponge.

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