De nos jours on est en droit de se demander à quoi peuvent bien servir tous ces sites de réseaux sociaux qui poussent comme des champignons et qui tentent d’attirer les foules avec des concepts et / ou gadgets tous plus farfelus les uns que les autres.
Il y a des moments dans la vie où l’Homme s’interroge, doute. Une des questions existentielles qui revient plus ou moins fréquemment est la suivante : que vais-je / dois-je faire ?
Comme beaucoup le savent, le système français n’est pas franchement optimal pour les musiciens. Au-delà d’un certain —jeune— âge, on vous met progressivement sur la touche, les jeunes de 14 ans avec du potentiel étant bien plus intéressants à coacher que ceux ayant atteint l’âge fatidique de 19 ou 20 ans (et au-delà, n’en parlons même plus). Il faut dire qu’il est toujours plus gratifiant de dire que l’on a entraîné un jeune concertiste de 15 ans qu’un RMIste de 25 ans (ou plutôt 26, le RMI ne pouvant être obtenu avant)… eh oui, c’est ainsi que fonctionne notre bon vieux système basé sur l’égalité des chances (et après on pointe du doigt nos amis nord-américains… c’est clairement voir la brindille dans l’œil du voisin tout en occultant la poutre qu’on a dans le nôtre).
Maintenant que j’ai mon DEM en poche (ou presque), je me demande ce que je vais bien pouvoir faire :
- Tenter d’entrer dans un CEFEDEM ? Je suis encore un peu trop jeune, et puis pour faire quoi ? Enseigner ? Pourquoi pas, encore faudrait-il qu’il y ait des postes disponibles.
- Tenter un CFMI ? Pour faire quoi ? Enseigner et faire de l’éveil musical ? Ce ne peut être un métier je pense, mais une vocation, or je ne pense pas que c’en soit une pour moi.
- Bosser davantage et tenter un CNSMD ? Bon, si j’y entre, j’apprendrai de nouvelles choses, je ferai quelques rencontres (mm… les pianistes ont-ils seulement le temps d’en faire dans ces structures ?), et je bosserai comme une dingue pendant quatre ans… et après ?
- Je pourrais aussi faire ce que mon professeur me conseille, c’est-à-dire aller voir à l’étranger, mais la question demeure : et après ?
En raison des perspectives d’avenir plus qu’incertaines, et par sécurité aussi, je me demande s’il ne serait pas préférable que j’envisage une reprise d’études.
Cela fait bien entendu plusieurs semaines que je me documente sur les différentes formations qui s’offrent à moi, et il n’y en a pas quarante. J’ai le choix entre un BTS, et un DUT. Les deux domaines qui m’intéressent tout particulièrement sont bien servis à ce niveau. Le souci (le premier, car il y en a trois), c’est que mon cœur balance entre l’audiovisuel, qui me permettrait de continuer à travailler dans le son tout en approchant la production (je ne perds pas de vue l’animation, domaine que j’affectionne), et l’informatique, qui me permettrait de déboucher sur le multimédia. L’autre souci c’est que la première branche débouche essentiellement sur le statut d’intermittent du spectacle ; une petite voix me dit que si c’est pour en arriver là, inutile de m’occasionner des frais supplémentaires, autant rester dans la musique pure et dure. Le troisième et dernier problème, qui concerne les deux filières mais tout particulièrement celle de l’informatique, se résume en une lettre : « S ».
Pour ceux qui ne le sauraient pas, dans le milieu scolaire français la lettre « S » signifie « Scientifique » et englobe donc toutes les matières… scientifiques. Avec mon petit Baccalauréat Littéraire, je suis donc bien mal partie.
Allons bon, je me dis que dans un pays aussi culturel que le mien, il doit bien y avoir moyen de rectifier le tir.
Pendant quelques semaines j’ai donc cherché à droite à gauche un moyen de me remettre à niveau dans les matières scientifiques, essentiellement les mathématiques et la physique (les deux matières qui m’intéressent le plus, et celles dont je pourrais avoir le plus besoin, donc ça tombe bien). Eh bien ce fut peine perdue.
Eh oui, les formations de remise à niveau sont quasi-inexistantes. Il existe bien le DAEU B, qui permet d’obtenir l’équivalent du Baccalauréat Scientifique, mais la formation n’est ouverte qu’aux adultes ayant au moins 24 ans, n’ayant aucun diplôme ou ayant travaillé au moins deux ans avant d’entamer la formation… Je ne peux donc pas passer par là, puisque je ne remplis aucune des trois conditions.
Notons donc qu’en France on vous demande de savoir quel sera votre futur métier au collège (avant 15 ans), et que si par malheur vous faites une erreur d’orientation au lycée, votre vie professionnelle n’est peut-être pas fichue mais pas loin. L’Éducation Nationale estime donc que mon Bac L est amplement suffisant, et qu’une personne sans diplôme a presque plus de droits que moi (je ne dénigre pas les non diplômés bien sûr, c’est simplement que je ne vois pas pourquoi moi, détentrice d’un Bac, je ne pourrais pas tenter le DAEU B alors qu’un non diplômé, lui, oui).
Une fois la déception passée, je poursuis mes recherches, et décide de contacter le CNED. On me propose deux solutions. La première consiste à suivre les cours du DAEU B sans passer l’examen. L’autre solution, plus radicale et à laquelle j’avais déjà pensé lorsque j’étais en Terminale, consiste à repasser le Bac S, en ne présentant du coup que les matières scientifiques, autrement dit les maths, la physique, la chimie, et la SVT. Solution intéressante, mais qui me prendrait bien trop de temps puisque j’ai, au bas mot, 2 à 3 ans de retard dans ces quatre matières. Même en potassant intensément, il ne me sera pas possible de repasser l’examen sous moins de 24 mois.
Dans la mesure où les BTS et DUT recrutent sur dossier mais avec lettre de motivation à l’appui, je me dis qu’en tâchant de remonter mon niveau en maths et physique le plus rapidement possible, tout en poursuivant certains projets à côté, j’aurais peut-être une chance de me faire accepter quelque part.
Bref, après plusieurs jours d’hésitation, estimant n’avoir plus rien à perdre, je décide de prendre rendez-vous avec une COP (comme on décide, dans un moment désespéré, d’aller consulter une voyante…). J’avais décidé de mettre mes a priori de côté, en me disant qu’après tout, c’est une professionnelle de l’orientation, et que par conséquent elle saurait me conseiller convenablement.
Hier, je me rends donc au CIO où m’accueille la COP. Elle remplit une petite fiche, me pose des questions sur mon parcours, et tout le tralala. Et pendant trois quarts d’heure… du vent. Elle m’explique que ma réorientation (dont je ne suis pas encore certaine du reste) va se faire en trois étapes (c’est très vendeur ça, le principe des trucs en « X étapes »), la première consistant à me renseigner sur ce qui pourrait m’intéresser (comme si à 22 ans l’idée de me renseigner toute seule ne m’était pas venue à l’esprit…). Bref, je tente de lui faire comprendre de façon indirecte que j’ai déjà fait tout ça, mais soit j’ai très mal fait passer le message, soit elle ne lit pas entre les lignes (ou alors les deux, c’est possible aussi).
Finalement, en une heure, je n’ai pas avancé. J’ai même eu peur en constatant que j’étais presque plus au courant qu’elle sur certains points :
- elle a bien insisté sur le fait que pour moi, la faculté, avec trois premières années inachevées, c’était terminé. Eh bien elle n’a pas tout à fait raison. Au-delà de trois premières années, deux solutions s’offrent à moi : demander une dérogation (et à ce moment-là, effectivement, l’université peut me refuser), ou arrêter mes études pendant cinq ans, ce qui remettra mon compteur universitaire à zéro. Actuellement il me faudrait donc attendre encore trois ans, or dans trois ans j’aurai 25 ans, et comme je ne pourrai pas encore prétendre au RMI, je n’aurai pas besoin d’une dérogation pour reprendre mes études (il en faut une à partir de 26 ans, si je ne m’abuse).
Bref, me sortir que je n’ai plus que des études courtes à faire est totalement faux, mais bon, admettons (de toute façon je ne compte pas franchement retourner en faculté, donc ça ne me dérange pas plus que ça). - Je ne peux pas passer le DAEU. Elle aura quand même pris cinq bonnes grosses minutes pour aller vérifier dans ses classeurs (quelques clics sur un des ordinateurs équipés d’Internet auraient suffit… r’marquez non, Windows XP + IE ramant à mort, ça aurait pris plus de temps), pour finalement en arriver à une conclusion très concluante : « effectivement, le DAEU, on oublie ». Sans blague ?
J’ai eu beau lui expliquer que moi, ce qui m’intéresse, c’est l’audiovisuel et l’informatique (bon y a d’autres matières, mais elles sont littéraires et encore une fois, moi, j’aimerais être SDF et non SDF), et qu’à mon avis j’étais obligée de faire une remise à niveau, ben non, faut que je me renseigne sur les métiers (« un quart d’heure par jour »… tiens, des devoirs…), que je vois ce qui peut m’intéresser, quelles sont les études possibles et quels sont les établissements qui les proposent. En gros, j’y coupe pas, je passe par le programme « en trois étapes ».
Je suis allée voir une professionnelle pour obtenir d’éventuelles réponses à mes quelques toutes petites questions, pour obtenir de l’aide de la part de quelqu’un qui s’y connaît, et au final, je me rends compte que je me débrouille mieux toute seule.
Je finis par véritablement penser que le monde de l’Éducation Nationale ne peut vivre en parfaite symbiose avec le monde des geeks à tendance asociale et / ou misanthrope. Nous nous débrouillons plus ou moins seuls (et plus ou moins bien), nous savons chercher (à force de RTFM aussi faut dire), et nous ne sommes pas stupides. Moi quand je vois que pour quelque chose de somme toute basique (du moins je crois, je ne pense pas que mon parcours soit si atypique), je suis un peu plus au courant qu’un professionnel, eh bien ça m’agace.
Je vais peut-être reprendre un rendez-vous, juste pour dire que je ne lâche pas en cours de route, mais à mon avis je ne finirai pas le « programme en trois étapes », et continuerai à me débrouiller seule à ce niveau, comme je l’ai toujours plus ou moins fait (décidément, je n’aime vraiment pas l’EN). Sur ce, j’ai un bouquin de maths qui m’attend.
Certains d’entre vous ont peut-être déjà entendu parler de la synesthésie.
Sous ce terme quelque peu étrange se cache une particularité neurologique encore méconnue du grand public et qui ne fait l’objet d’études sérieuses que depuis quelques courtes années. Pour l’instant, on ne saurait dire avec exactitude quel est le pourcentage de personnes touchées par cette particularité, mais les recherches les plus récentes estiment qu’en moyenne 1 personne sur 23 présente une forme de synesthésie.
J’ai découvert que je suis synesthète tout à fait par hasard, il y a environ 4 ans ; je discutais avec un pote et tentais de lui faire saisir une nuance (en musique probablement, mais je ne me souviens plus très bien) qui, pour moi, était évidente. Après quelques minutes d’incompréhension, il m’a répondu : « ça, c’est parce que tu es synesthète, et moi non ».
À l’époque, ne sachant pas ce que c’était, je me suis rapidement renseignée pour savoir si je n’étais pas tout simplement folle ou affublée d’une quelconque anomalie. Après quelques recherches, je suis tombée sur les travaux de Jean-Michel Hupé et Edward Hubbard, et je les ai contactés ; cela m’a permis d’en apprendre un peu plus sur ma particularité tout en leur apportant mon témoignage (utile pour leurs recherches en cours).
Certains se demandent peut-être ce qu’est cette fameuse synesthésie.
Il s’agit tout simplement d’une particularité neurologique créant des liens entre différents sens qui, en toute logique, ne devraient jamais se croiser. D’après ce que nous savons actuellement, la synesthésie la plus courante est celle dite « graphèmes → couleurs ». Le texte que vous lisez en ce moment même est noir. Bon, eh bien certaines personnes percevront par exemple les « a » en rouge, les « i » en jaune, etc.
Ne vous méprenez pas ; il ne s’agit en aucun cas d’un défaut de la vision. Ils verront bien les lettres en noir, mais les percevront comme si elles étaient colorées.
Il existe différentes synesthésies, certaines moins courantes que d’autres.
J’en viens à présent au point que je voulais traiter.
Certaines personnes auraient tendance à penser que les synesthètes pourraient avoir une perception plus juste du monde, plus poussée… qu’ils seraient un tantinet supérieurs en quelque sorte. Ce type de raisonnement est dangereux, car il tend à faire passer un message totalement erroné de la chose, tout en poussant vers une sorte de pseudo-sectarisme. Non, les synesthètes ne perçoivent pas « mieux » le monde ; ils le perçoivent simplement différemment (cela se confirme assez facilement du reste : deux personnes ayant le même type de synesthésie ne percevront pas les mêmes choses de la même façon… CQFD).
Mais voilà, le mal est en passe d’être fait, et les préjugés et autres moqueries ne tarderont pas à fuser. La faute à qui ? Aux médias, bien sûr !
Je pense que beaucoup d’entre vous connaissent la série Heroes. Pour ceux qui n’en n’auraient jamais entendu parler, cela se résume à ça (à peu de choses près) : y a des gentils et des méchants dotés de super pouvoirs. Ils se tapent dessus et, alors que la saison 4 (qui est en fait la pseudo-saison 5… ne cherchez pas, y a rien à comprendre) vient de débuter, on ne comprend toujours pas l’intérêt de la série.
De nouveaux personnages font leur apparition à chaque saison. Cette année, nous en avons une un peu particulière : c’est une synesthète. Là où tout devient à la fois comique (parce que c’est trop gros, donc ça ne passe pas) et dramatique (parce qu’avec une publicité pareille, nous oserons encore moins avouer notre particularité), c’est que cette héroïne, prénommée Emma, est sourde.
Cette dernière est synesthète « sons → couleurs » ; cela signifie donc qu’à l’écoute d’un son elle perçoit une certaine couleur. Ah oui mais… comment une sourde peut-elle entendre ? J’ai d’abord pensé qu’elle était tout simplement malentendante, ce qui pourrait tout expliquer ; cependant pour l’instant, cela n’a pas l’air d’être le cas.
Bref, l’épisode avance. Arrive ensuite un passage magistral, dépassant tout entendement. Figurez-vous que notre synesthète se promène dans un parc et entend un jeune violoncelliste ; arrivée près de lui, elle s’émerveille devant tant de couleurs. Le musicien laisse son instrument quelques instants pour aller se sustenter, et Emma en profite alors pour essayer de jouer (notons qu’elle n’a probablement jamais touché à un instrument de toute sa vie).
Elle va donc nous interpréter un morceau pas trop moche, sans aucune faute, et tout ceci grâce à quoi ? Aux couleurs.
L’intensité d’une synesthésie peut varier d’une personne à une autre. D’autre part, il y a des synesthésies qui peuvent aider certaines personnes car elles croisent des sens qui finalement deviennent complémentaires ; c’est le cas par exemple de Daniel Tammet, un jeune homme atteint du syndrome d’Asperger et de synesthésie, qui, grâce à cette dernière, a pu réciter par cœur les 22 500 et quelques premières décimales de Pi.
Oui mais je doute fortement qu’une synesthésie, aussi forte soit-elle, puisse vous apprendre à jouer parfaitement d’un instrument de musique en un clin d’œil…
Là où les scénaristes se sont également bien plantés, c’est lorsque l’on nous présente Emma pour la première fois : elle prend conscience de ses symptômes un beau matin, toute seule, alors que c’est tout bonnement impossible. Pourquoi ? Parce qu’un véritable synesthète ne saurait dater l’apparition de ses symptômes, puisqu’il vit avec depuis toujours. Ce n’est qu’en confrontant ses perceptions avec celles de personnes non synesthètes qu’il pourra prendre conscience de sa particularité.
Bref, Heroes est donc en passe de nous faire avaler (si l’on peut dire) que la synesthésie serait une sorte de super pouvoir bigrement utile. Déjà qu’une personne consciente de sa synesthésie évitera d’en parler de peur de se faire traiter d’anormale ou d’essuyer tout un tas de moqueries, vous imaginez un peu ce que cela donnera une fois que des milliers (millions ?) de personnes auront découvert ce syndrome par le biais de cette série, et qu’elles se contenteront, bien sûr, de cette seule « définition ».
Non, la synesthésie n’est pas un super pouvoir. D’autre part, elle peut être utile pour certaines personnes, c’est un fait, mais peut également en handicaper d’autres (ce qui est mon cas pour les calculs).
Pour ceux qui auront lu ce billet, sachez donc que les synesthètes ne sont pas fous, et qu’ils ne se prennent pas pour des messies… sauf peut-être quelques rares cas isolés.
En cadeau bonus, le passage dont je vous parlais : http://www.youtube.com/watch?v=bs7dERQuVxE.
Des moments pareils, ça se partage…
Petit billet d’humeur en rapport aux quelques interrogations que je me pose quant à la communication de nos jours, et aux rapports sociaux de façon plus générale.
À l’heure de la mondialisation, le terme « communiquer » est dans toutes les bouches : on communique une information, on communique par téléphone, on communique par Internet, … Nous sommes en quelque sorte entrés dans le siècle de la « communication », de l’échange et du partage. Mais est-ce finalement vraiment le cas ?
Avec l’émergence de l’Internet grand public, il est clair que le partage est omniprésent. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons qui poussent les grands de ce monde à diaboliser cet outil de partage, d’échange(s) (car après tout, c’est à cela qu’il sert), car n’oublions pas que les internautes ne partagent ou n’échangent pas, ils « piratent » (mille millions de mille sabords…).
Mais là n’est pas le sujet. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout le terme « communication ».
Il m’intéresse car j’ai l’impression qu’avec la mise en place de l’Internet Haut Débit et du web 2.0 ce terme a été réduit à sa forme première, à savoir :
v. tr. - 1 (1557) Faire connaître (qqch.) à qqn.
Il semblerait que les gens n’aient plus que 3 moyens de communication (allez, disons 4) :
- L’IRL (ou DVR, parce qu’on est en France ici, flûte). Je pense que cela reste quand même le moyen de communication numéro 1… et encore heureux !
Pas grand-chose à dire sur celui-ci, il est naturel, donc inutile de disserter. - Le téléphone. Ce dernier est plutôt le « allez, disons 4 » que j’évoquais plus haut. En effet, il reste un moyen de communication incontournable, mais j’ai l’impression (peut-être fausse d’ailleurs) qu’il est quelque peu délaissé par les particuliers avec l’émergence de l’Internet Haut Débit (pour les rapports privés tout du moins, car côté professionnel, je pense que c’est encore différent). Délaissé car il semble qu’il soit devenu naturel de correspondre par le biais d’Internet lorsqu’une certaine distance géographique est observée.
S’il était possible auparavant de mettre ça sur le dos des tarifs des opérateurs téléphoniques, ce n’est plus trop le cas aujourd’hui puisque ces mêmes opérateurs proposent à présent des forfaits avec appels illimités vers plusieurs destinations lointaines. - MSN. Ah, celui-là… c’est un incontournable. Tout le monde s’y retrouve pour papoter des heures… mais bien souvent, c’est pour ne rien dire. On en finit par se demander pourquoi ce protocole est si chronophage, hypnotisant presque.
- Facebook. Le petit dernier que tout le monde aime chouchouter !
Eh oui, « inutile, donc indispensable » comme qui dirait. Vous y racontez votre vie, mais de façon superficielle bien sûr (sinon ce ne serait pas intéressant). Vous publiez vos photos, mais surtout, vous vous délectez de celles de vos contacts… souvent des personnes que vous n’avez vues que quelques fois. D’ailleurs vous prendrez soin de laisser une page de votre navigateur ouverte sur votre Home Port (oui, la seule utilité que j’ai trouvé à Facebook, c’est de pouvoir mettre l’interface en “English (Pirate)”, ce qui est quand même assez rare et marrant pour être utilisé !), page que vous réactualiserez plusieurs fois par heure pour voir si personne n’a « communiqué » de nouvelles données.
Aujourd’hui, si vous n’êtes ni sur MSN, ni sur Facebook, non seulement vous n’êtes pas dans le coup, mais en plus vous disparaissez purement et simplement de la circulation.
Si vous n’êtes pas en mesure de voir vos relations IRL, alors c’en est fini de vous, on vous oublie.
Lorsqu’Internet a débarqué, le courrier postal est devenu ringard (pourtant, je ne vois pas en quoi cela fait rétrograde…). On lui préférait le mail, « plus rapide, et moins cher ». Soit, mais dans ce cas pourquoi ne plus l’utiliser ?
Ce n’est pas parce que l’on ne se trouve pas sur les réseaux sociaux ou les protocoles de messagerie instantanée que l’on devient injoignable : les mails, eux, sont toujours là.
Combien de fois ai-je entendu « ah, t’as pas Facebook / MSN… » (sous-entendu « on ne pourra pas communiquer alors… »)…
Mieux encore. Lorsque vous ne vous connectez pas sur les messageries instantanées pendant une longue période, et qu’en revenant, vous signalez gentiment que personne n’a donné de nouvelles (ou n’en a demandé), la réponse qui revient le plus souvent est la suivante : « ben ouais j’ai vu que t’étais plus sur MSN… ».
J’ai le sentiment que plus le nombre de moyens de communication augmente, et moins nous communiquons.
Mais après tout, peut-être n’y a-t-il rien à comprendre. Nous ne vivons plus (ou pas, si nous y avons vraiment vécu un jour) dans une société d’échange mais dans une société de consommation. Alors nous « consommons la communication » également. Les gens se fichent bien de recevoir un long mail (voire une longue lettre) rédigé(e) avec soin ; ce qu’ils veulent, c’est un maximum d’information(s) en un minimum de temps, quitte à ce que ce soit dénué de sens ou de profondeur.
Peut-on espérer que la vapeur se renverse d’ici quelques temps ? C’est en tout cas ce que j’espère.
Si l’on m’avait dit qu’un jour je dédierais un nouveau billet à Facebook, je ne l’aurais probablement pas cru… Et pourtant !
Il y a de cela un peu plus d’un an je publiais un billet diabolisant le site de réseau social du siècle. En effet, nul ne saurait ignorer que Facebook a un rapport quelque peu ambigu avec la collecte et l’utilisation des données personnelles.
Ce qu’il y a d’amusant (si toutefois ma mémoire ne me joue pas des tours), c’est que le fondateur du site, Mark Zuckerberg, a initialement piraté la base de données de son université pour alimenter son site. À présent, Facebook récolte les données de ses utilisateurs et les revend à des tiers, souvent privés, ce qui est bien entendu honteux… par contre Facebook reste muet sur ses données sensibles ; eh oui, la vie privée doit rester privée, n’est-ce pas ?
Je possède un compte Facebook que je n’utilise pas, et sur lequel n’apparaît aucune information personnelle. Il me sert essentiellement à prendre des nouvelles de personnes qui ne sauraient en donner elles-mêmes. Ce réseau social étant le lieu par excellence où l’on étale sa vie, il n’est donc jamais trop difficile d’être à jour.
Il y a quelques semaines j’ai eu l’occasion de corriger un tutoriel pour le Site du Zéro, tutoriel portant sur la « sécurisation » des données personnelles sur Facebook. En réalité, il s’agit plus précisément de pouvoir limiter la propagation de nos données aux premiers venus, car le souci demeure pour les entreprises privées qui les achètent.
Et là, j’avoue que je me suis posé quelques questions, dont une en particulier : et si moi aussi je me mettais à Facebook ?
En effet, avec le recul, je me dis qu’à partir du moment où l’on a Internet, nous ne sommes plus tout à fait anonymes.
Certains diront que si l’on souhaite préserver notre vie privée, il ne faut plus se connecter au réseau… Et c’est là tout le problème. En effet, contrairement à ce que les non initiés peuvent penser, Internet n’est pas un « monde purement virtuel » disparaissant à l’extinction de l’ordinateur. Non, Internet n’est rien d’autre que le prolongement de la vie réelle.
De ce fait, ce que nous disons et faisons sur Internet a autant de répercussions (si ce n’est plus, dans certains cas) que ce que nous disons et faisons dans la vie de tous les jours.
Tourne et vire, j’en arrive au cœur du sujet.
Je fais partie de ceux qui n’ont peut-être rien à cacher mais qui tiennent à leur vie privée, ce qui n’est en rien blâmable.
Je m’efforce de conserver mon petit coin personnel. Malheureusement, je crois que les personnes comme moi ne peuvent y parvenir qu’au prix d’efforts assez considérables.
Cela commence par les adresses électroniques : j’en possède près de 10, et en utilise régulièrement 5, ce qui n’est déjà pas si mal. Mon rêve serait bien évidemment de n’avoir à en utiliser que 2 ou 3 (une personnelle, une autre pour tout ce qui aurait rapport avec les sites et forums où je suis inscrite, voire une dernière pseudo-personnelle pour les différents contacts que je peux avoir sur Internet).
Je suis cependant forcée d’admettre que ce rêve n’est pour l’heure que pure utopie. La plupart de mes contacts ignorent la nétiquette et n’ont pas conscience qu’une adresse mail est aussi personnelle qu’une adresse postale ou un numéro de téléphone ; ils n’utilisent jamais le champ Cci, et pour ceux qui savent ce que c’est, il est assez désagréable de voir qu’ils n’en n’ont rien à faire. Tout ceci m’oblige à recevoir des courriers sur différentes adresses, en sacrifiant ainsi certaines qui petit à petit sont victimes de spam (ce n’est pourtant pas faute d’avoir deux filtres en place).
Après réflexion, j’en suis donc venue à une conclusion ma foi très évidente (mais des fois, on met du temps à percuter) : une personne aura beau prendre toutes les précautions possibles pour conserver ses données personnelles intactes, le danger sera toujours aussi important, et ce en raison de la présence des « autres » (prononcez ça avec un ton un peu mystérieux, sur quelques notes de musique bien percutantes et inquiétantes).
Eh oui, les autres peuvent anéantir en quelques secondes des jours, semaines, mois, voire années d’efforts pour préserver notre intimité… y a de quoi avoir les nerfs à vif, non ?
Le problème s’accroît d’autant plus avec l’existence de ces maudits (prononcez à la québécoise, parce que c’est plus fun) réseaux sociaux. Vous pouvez toujours choisir de ne pas vous y inscrire, pensant préserver vos informations personnelles, mais rien n’empêche vos connaissances de parler de vous sur ces sites (et d’y mettre des photos, vidéos, ou toutes autres choses vous concernant)… et le pire, c’est qu’en général ceux qui le font n’ont pas d’arrière-pensée négative, c’est juste qu’ils ne voient pas en quoi c’est mal, même si on leur explique. Pour couronner le tout, vous ne savez pas ce qui filtre ou non, puisque n’étant pas inscrits, vous n’avez pas accès à la page de vos contacts (à moins que ces derniers ne mettent leurs profils respectifs à disposition du public, ce qui se fait de moins en moins).
Il y a une citation de Chilon que je trouve très intéressante :
Agis avec ton ami comme s’il devenait ton ennemi, et avec ton ennemi comme s’il pouvait devenir ton ami.
En somme, Facebook pourrait s’avérer pratique s’il est utilisé avec parcimonie.
Je me demande donc si je ne vais pas franchir le pas, d’autant qu’en quelques années sa politique a quelque peu évolué. À présent il semblerait qu’il soit possible de demander la suppression (et non la suspension) de son compte, ce qui est une bonne évolution pour ce site si souvent controversé.
D’autre part, Facebook étant devenu incontournable, il pourrait peut-être s’avérer intéressant pour quelques petites bricoles.
Le tout finalement est d’être suffisamment regardant sur les données qui y sont diffusées (par soi-même, ou par des tiers), ce en raison du recoupement d’informations qui est effectué en fond.
Bref, je suis face à un dilemne : continuer à lutter de l’extérieur tout en ne pouvant pas contrôler les éventuelles informations qui peuvent transiter sur le site, ou lutter de l’intérieur et avoir le contrôle de mes données ?
Le 15 septembre dernier, le Sénat a adopté la loi Création et Internet, alias HADOPI, dans sa version 2.0.
Cette saga continue à faire couler beaucoup d’encre virtuelle, et ce à juste titre.
Dans ce billet, je n’expliquerai pas en long et en large ce qu’est la HADOPI et pourquoi ce projet de loi est honteux ; La Quadrature du Net le fait déjà très bien.
Je vais plutôt vous donner quelques pistes pour continuer à jouir plus ou moins tranquillement d’Internet (et des contenus audiovisuels et multimédias) tout en ne rentrant pas dans le jeu de la HADOPI.
Parfois le ton peut être ironique, mais dans l’ensemble, tout ce qui suit est on ne peut plus sérieux.
1.Cessez autant que faire se peut d’utiliser les réseaux P2P
« Vas-y ! Et comment je fais pour regarder un an à l’avance la saison 52 des Feux de l’Amour en VO ? »
Pas de panique.
Sachez qu’aujourd’hui la plupart des grandes chaînes mettent les épisodes déjà diffusés sur leurs sites, vous permettant ainsi de les regarder en toute légalité. Le souci c’est que ces mêmes chaînes restreignent l’accès au contenu aux non résidents des États-Unis d’Amérique (généralement, c’est de chez eux que proviennent vos séries, à moins que vous ne soyez un mordu des polars éthiopiens). Qu’à cela ne tienne, il vous suffit d’utiliser un proxy pour vous faire passer pour un états-unien ; vous pourrez ainsi accéder aux vidéos en streaming sans problème, et regarder vos épisodes de façon tout à fait légale.
2. Devenez retro-gamer
À moins que vous ne soyez un jeune Kevin / kikoolol accro à Counter Strike toujours prêt à acheter la dernière console à la mode (et vu le prix, si vous pouvez vous en payer une sans souci, c’est que vous devez pouvoir vous payer les jeux qui vont avec, sinon c’est que vous n’êtes pas « quelqu’un qui ne peut pas suivre le système » mais « quelqu’un qui souhaite uniquement profiter du système », et ça, même chez les adeptes du libre, on n’aime pas trop), vous devriez songer à vous tourner vers les « vieilles » consoles et les « vieux » jeux.
Vous avez des titres qui vieillissent très bien, comme les Age of Empires, et ne croyez pas que tout ce qui n’est pas en 3D est à jeter. Vous trouverez un bon petit paquet de jeux sympathiques en trifouillant sur les sites d’abandonwares. À défaut d’être totalement légal, l’abandonware est toléré par un grand nombre de studios de développement.
Il est même à noter que certains studios passent quelques-uns de leurs vieux titres en freewares tout en libérant le code source de ces derniers. C’est notamment le cas de Revolution Software (en), et le geste est suffisamment louable (de par les temps qui courent) pour que ce soit souligné.
Bref, je pense en toute honnêteté que l’on peut éprouver autant de plaisir à jouer à un bon vieux Sonic The Hedgehog qu’au dernier opus de Final Fantasy. Qu’on ne me rétorque pas que c’est une question d’âge, puisque je connais des mômes de moins de 5 ans qui s’éclatent devant un jeu MegaDrive.
3. Faites les vide-greniers
Il faut savoir vivre avec son temps, certes. Mais doit-on obligatoirement virer tout ce qui est « ancien » dès qu’une nouveauté pointe le bout de son nez ?
Les VHS ne sont pas si terribles que ça. Oui, elles ont du grain, et alors ? Non, elles n’ont pas les bonus, et alors… vous les regardez en boucles vous ? Non, elles n’ont pas de piste en VO, et alors ? Pour les nouvelles productions, où le doublage est souvent médiocre (pour ne pas dire « terrible »), je ne dis pas, mais pour les films de plus de 12 ans d’âge, c’était encore l’époque où le doublage français était bon, et beaucoup ont fait tourner ces films en VF des dizaines et des dizaines de fois (eh oui, avant, y avait pas le DVD…) sans jamais rechigner… alors aujourd’hui sous prétexte que les VHS font rétro, on les jette ?
À moins que vous ne soyez un profiteur fini (il y a un paquet de personnes sur la toile qui n’achèteraient pas même si les producteurs proposaient des films dans leurs boîtiers avec plein de bonus et sans DRM le tout pour 1 € symbolique… ceux-là sont les vrais « pirates » oui, pas le reste de la population), dites-vous bien que les brocantes regorgent de films en VHS souvent en très bon état et qui sont vendus pour la modique somme de 50 centimes ou 1 € l’unité.
Vous pouvez aussi y trouver des consoles et des jeux plus ou moins vieux pour des prix parfois très attractifs (une GameBoy Pocket comme neuve avec piles et un jeu pour 1 €, qui dit mieux ?). Vous me direz, ce n’est pas la Playstation3, mais si vous allez faire un tour du côté des EuroCash et compagnie, vous serez surpris de voir le nombre de consoles récentes dont les jeunes souhaitent se débarrasser… quand on sait qu’ils achètent leurs consoles plus de 300 € l’unité pour se les faire reprendre par les magasins à moins de 150 € au bout de même pas un an, ça laisse à réfléchir…
4. Devenez libriste
Eh oui, le libre, c’est bien.
« Libre » ne signifie pas « gratuit », mais souvent les deux sont liés. En passant à GNU/Linux, vous pourrez avoir accès à une multitude de logiciels souvent très performants (beaucoup sont disponibles sur Windows et Mac aujourd’hui remarquez). Inutile de passer des heures à chercher un crack pour tel ou tel logiciel propriétaire payant (même un petit shareware), au risque de vous ramasser une cochonnerie au passage. Sous GNU/Linux, tout est disponible en quelques clics.
Je connais d’ailleurs peu de personnes qui une fois sous GNU/Linux ont cherché à cracker un quelconque logiciel, pour la simple et bonne raison que c’est inutile.
Bien sûr, vous pouvez vous initier au monde du libre sans changer de système d’exploitation, mais sachez qu’avec la mise en place de l’HADOPI, si vous optez pour GNU/Linux, vous n’aurez pas à acheter le pack HADOPI, véritable gouffre financier.
5. Faites la promotion des artistes qui encouragent le libre
Attention : encore une fois, « libre » ne signifie pas « gratuit ».
En dehors de quelques personnes qui estiment que tout doit absolument être gratuit, je pense que les gens comprennent très bien que les artistes ont eux aussi besoin de vivre (et ce n’est pas une musicienne qui dira le contraire).
Que leurs productions soient payantes est donc on ne peut plus logique. L’ennui, c’est quand les majors s’en mêlent, fixant des prix indécents (5,88 € un album de Michael Jackson, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, ce n’est pas du vol ; 5,01 € le dernier single de Laetitia Larusso, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, ça, c’est… voilà) et faisant tout pour empêcher la diffusion des œuvres (vive les DRM, toujours en circulation). Certains artistes soutiennent cette pratique.
Ne donnons pas raison (si tant est qu’il ait raison, ce qui n’est pas le cas) au PDG de Sony Music France, qui pointe du doigt les méchants pirates qui appellent au boycott de certains artistes pro-HADOPI. Sortons quelque peu du système français, spécialisé dans la discrimination / sélection négative, et tournons-nous vers un modèle plus optimiste, à l’instar du système nord-américain qui applique davantage la discrimination / sélection positive (paraît-il que dans les universités canadiennes les professeurs ne vous diront pas « tu avais 9 et maintenant tu as 10, c’est encore bien mauvais ! » mais plutôt « tu avais 9 et maintenant tu as 10, c’est bien, continue, tu progresses ! »).
Ne boycottez pas les artistes pro-HADOPI, car certains sont peut-être mal renseignés. Tâchez plutôt de mettre davantage en avant ceux qui sont contre cette loi liberticide, ceux qui tentent de concilier « gagne-pain » et « promotion de la culture » (comme certains auteurs de livres, qui vendent leurs écrits en version papier mais proposent tout de même une version numérique gratuite).
La différence ne saute peut-être pas aux yeux, mais elle est tout de même notable. On retrouve ce schéma sur les forums : au lieu de perdre du temps à démonter un projet utopique envisagé par un jeune de 12 ans, on laisse plutôt ce dernier couler et on prend le temps de répondre à un projet sérieux, afin que l’initiateur de ce dernier puisse recevoir de bons conseils / retours et soit mis sur le devant de la scène.
* * * * *
Ces petits gestes peuvent vous permettre de continuer à utiliser Internet et les médias de façon à peu près normale.
En plus, cela vous permet de continuer à acheter à très bas prix (sauf, encore une fois, si vous êtes un profiteur), non plus spécialement auprès des magasins (par contre oui, on évitera La Fnac… HADOPI oblige), mais auprès des particuliers. L’économie ne sera donc pas en berne, vous ferez plaisir à l’HADOPI en achetant légalement, oui mais, zut, les majors ne touchent rien sur les produits d’occasion… c’est bête quand même, non ?
Sur les forums d’informatique et de jeux vidéo, une section dédiée aux projets de jeux amateurs est souvent présente.
Il s’agit d’une partie intéressante au départ, mais qui bien souvent se trouve être une sorte de petite –ou grosse– décharge où pullulent les projets utopiques de jeunes adolescents en quête de gloire qui, en bons kevins qui se respectent, pensent que faire un jeu est aussi simple que de « maîtriser l’informatique », tout simplement parce que les films et séries nous renvoient cette fausse image d’un milieu où tout est bouclé en quelques clics.
Avant d’initier le projet Viracocha il y maintenant 4 ans, j’avais passé quelques mois à me renseigner sur le pourquoi du comment des jeux amateurs, sur les choses à éviter en lançant un projet, etc. Bien que totalement novice en la matière, je pensais être partie sur de bonnes bases.
Avec le recul, je constate que ce n’était pas du tout le cas. Je peux au moins me consoler en me disant que je ne faisais pas partie des boulets, mais je n’étais pas spécialement prête non plus. Tout ceci s’est d’ailleurs confirmé environ 2 ans après le lancement, quand il a été décidé de stopper momentanément le projet afin de le faire repartir sur de meilleures bases.
Aujourd’hui, Viracocha semble être bien parti. Les ambitions ont été amplement revues à la baisse, et de mon côté, je commence à acquérir une certaine expérience (encore minime, certes, mais je ne pars plus vraiment de zéro) qui me permet au fil du temps de gérer un peu mieux les problèmes inhérents à ce type de projets.
Je me pose tout de même bon nombre de questions quant à l’avenir de Vira (et dans la mesure où il s’agit d’un projet libre, j’ai tendance à leur trouver des réponses positives… l’espoir fait vivre), et au fil de mes réflexions, j’en suis venue à dégager au moins 5 bonnes raisons pour ne pas se lancer dans un projet de RPG 3D (voire RPG tout court même dans certains cas).
Mettons de côté le très à la mode MMORPG (3D, bien sûr) qui est un cas à part, si souvent traité sur les forums que je ne me sens pas la force de répéter les raisons sans cesse évoquées pour vous dissuader de lancer un projet de cette envergure.
Si vous êtes un(e) kevin, ne perdez pas votre temps à lire ce qui suit, puisque de toute façon vous n’en tiendrez pas compte.
En revanche, si vous êtes une personne normale, cela peut peut-être vous intéresser :
1. L’histoire est délicate à mettre en place
Plus le monde évolue, plus l’être humain a besoin d’espace. Cela commence par le milieu littéraire, où tous les petits nouveaux rêvent de sortir une trilogie alors qu’ils n’ont même pas amorcé le premier chapitre du premier volume et qu’ils ne savent pas ce qu’ils vont mettre dedans.
Il en va de même dans l’univers vidéo-ludique : les joueurs, bluffés par la richesse de certains scénarios (Final Fantasy 7 par exemple), rêvent de pouvoir un jour égaler les maîtres. Le souci c’est que dans un RPG, le scénario n’est pas complètement statique. En règle générale, vous pouvez influencer le déroulement de l’histoire, et vous ne vous contentez pas de passer bêtement d’un niveau à l’autre pour atteindre la fin du jeu.
Le scénariste doit donc imaginer toute une série de quêtes annexes (souvent inutiles pour conclure le jeu, mais elles apportent une certaine richesse au scénario… c’est le principe même d’un RPG en somme), qui ne sont rien d’autres que de petites histoires au sein d’une grande.
Il faut donc faire preuve d’une grande imagination, mais il faut aussi être cohérent, car on a vite fait d’implémenter des histoires bancales, qui auront pour effet d’alourdir le jeu et de vous discréditer auprès de votre futur public.
Et contrairement aux idées reçues, écrire un scénario n’est pas forcément une partie de plaisir, et écrire un bon scénario n’est pas à la portée de tout le monde.
2. Le Game Design est long à élaborer
Colonne vertébrale du jeu, le game design document est bien une chose à laquelle il faut apporter une attention toute particulière.
C’est lui qui permettra à l’ensemble de l’équipe de savoir quoi faire et comment le faire.
Il va sans dire que, dans la mesure où il faut songer à tout, vraiment tout, élaborer un GDD n’est pas une mince affaire. Par conséquent, élaborer un GDD de RPG (3D) devient vite un travail titanesque.
3. La 3D est une difficulté supplémentaire à gérer
Depuis la fin des années 90, la 3D ne cesse de gagner du terrain. Véritable révolution, tout le monde veut l’utiliser alors que bien souvent, son usage ne se justifie pas pleinement.
Si vous envisagez de faire un RPG 3D, sachez que vous vous aventurez sur une route escarpée.
Il vous faudra généralement trouver une petite armée de graphistes 2D. Ces derniers devront être suffisamment bons pour adopter un style graphique commun. Ensuite, ils passeront un temps considérable à définir les décors, les personnages… et quand ce travail sera terminé (ou pas, dans le cas des productions d’amateurs), il vous faudra trouver de bons graphistes 3D qui modéliseront, textureront, et animeront tout ça.
D’autre part, cela accroît le travail des programmeurs puisqu’il faudra du coup gérer les collisions de façon bien plus poussée.
Double dose de travail pour un résultat pas forcément meilleur que dans une production 2D classique. je vais d’ailleurs en parler dans le point suivant.
4. Le rendu 3D sera assez mauvais…
… ou, à défaut, il ne surpassera pas le rendu des productions disponibles sur le marché (déjà faudrait-il arriver à les égaler).
Je ne dis pas ça pour déprécier le travail –souvent très bon– de bon nombre de graphistes 3D travaillant sur des projets amateurs, mais il s’agit selon moi de la stricte vérité.
Difficile, dans un milieu amateur, d’égaler le rendu graphique d’un Final Fantasy X (quoique déjà bien vieux) ou d’un Bioshock 2. Votre jeu (s’il a la chance de sortir un jour) pourra donc faire bonne impression dans la mesure où vous aurez réalisé une production 3D qui ne sera pas moche graphiquement, mais vous ne risquerez pas de vous démarquer du lot. En somme, vos efforts ne seront pas récompensés à leur juste valeur, ce qui est plutôt dommage.
5. Un RPG 3D apporte un sentiment de frustration chez certains joueurs
Tout joueur de RPG un tantinet exigeant voudra se sentir libre. Que nos mouvements soient limités dans un jeu de plateformes ne pose vraiment problème puisque par défaut, les mouvements sont limités (et le joueur l’accepte de façon naturelle).
Dans un RPG, déjà, on imagine de grands espaces. Alors imaginez dans un RPG 3D, où la 3D accentue le côté réaliste de la chose. Rencontrer fréquemment des murs invisibles est tout bonnement insupportable, mais pourtant, il en faut…
Dans une production non professionnelle, les murs risquent d’être vraiment très présents, pour la simple et bonne raison que l’effet d’immensité est presque impossible à gérer.
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Voici 5 raisons qui selon moi sont à prendre en compte avant de se lancer dans l’aventure « RPG / RPG 3D ».
C’est une aventure enrichissante (pour peu que l’on ne se lance pas là-dedans sur un coup de tête), à n’en point douter, mais il ne faut pas oublier que c’est un sentier long, sinueux et brumeux, où il est facile de se sentir perdu devant le trajet qu’il reste à parcourir (si toutefois on parvient à en voir le bout, ce qui est rarement le cas).
Le projet que j’ai initié il y a pas mal de temps maintenant semble avoir trouvé son rythme de développement.
Pour l’instant, nous avançons très lentement, mais il faut dire que notre équipe est pour le moins restreinte (2 graphistes 2D, 2 graphistes 3D, et moi-même). Qu’à cela ne tienne, l’important c’est que notre travail soit sérieux et correct.
À présent que le projet semble stable, nous aurions besoin d’un vrai site pour asseoir notre sérieux.
Jusqu’à présent, nous étions sous Joomla!, mais ce dernier, comme la plupart des CMS, est une véritable usine à gaz, où les standards du web semblent inconnus et où l’administration des pages est un vrai parcours du combattant. Il ne servait finalement qu’à dépanner, en attendant mieux.
Il y a environ un mois, un nom de domaine et un espace web « pro » ont été pris pour le projet.
Nous sommes donc à la recherche d’un (ou deux, ça peut aussi) développeur(s) web maîtrisant au moins le XHTML/CSS (aux normes) et le PHP (version 5).
Nous avons besoin d’un site qui soit en grande partie configurable via l’administration (ajout, suppression et édition de pages, par exemple). Des modules devront être implémentés, comme un petit système de news, un système pour gérer le recrutement, un système de parsage, …
Nous avons peut-être un graphiste d’intéressé. Si celui-ci confirme sa volonté de nous aider, il faudra donc travailler avec lui. Cela dit, si vous être développeur et graphiste, vous pourriez tout à fait travailler seul ; tout est envisageable.
Un cahier des charges vous attend bien sagement.
Si vous êtes intéressé, vous pouvez nous contacter à l’adresse suivante : contact[dot]puzzleteam[at]gmail[dot]com.
Je disais il y a quelques temps qu’il allait bien falloir que je songe à monter mon petit site en racine du domaine. Oui parce qu’en avoir un et camper sur des sous-domaines, ce n’est franchement pas le top… quoique, tout dépend l’usage que l’on en fait.
Quoi qu’il en soit, entre une chose et une autre, je n’ai toujours pas trouvé le temps et la motivation de mettre les mains dans le cambouis. Non pas que cela ne me plaise pas, mais j’ai réellement d’autres choses plus urgentes à gérer.
Cela dit, je commençais à en avoir assez d’éparpiller mes « productions » (ne pas prendre le terme dans son sens le plus noble) aux quatre coins du web, ou du moins, de ne les présenter qu’à travers des forums. Tout en continuant bien sûr à poster sur ces derniers, je souhaitais avoir mon petit coin à moi pour les stocker tout en permettant à Pierre Paul ou Jacques d’y aller de sa petite critique.
J’ai finalement décidé de me créer un blog, ou artblog plus précisément, sur lequel je posterai désormais mes travaux « artistiques ».
M’étant récemment remise à dessiner (aouch !), et ayant stoppé depuis quelques temps maintenant la réalisation de petits arrangements pour piano solo (déjà peu nombreux), je me suis dit que tenir un artblog pourrait être un bon moyen de me motiver… enfin, seul l’avenir me dira si c’est efficace ou pas.
Si vous voulez y jeter un coup d’œil, l’adresse se trouve à votre droite, dans le nouveau petit encadré affichant mon profil.
La refonte du Bocal est normalement terminée.
Les catégories ont été revues, et pourraient l’être de nouveau d’ici quelques semaines. J’ai également supprimé quelques autres billets, et là encore, il est possible que cela soit de nouveau le cas sous peu.
Le Bocal prend donc un nouveau tournant.
Rétrospectivement j’ai pu constater que beaucoup de choses n’avaient rien à faire là, que j’avais parfois tendance à m’égarer et à parler de petits incidents de la vie quotidienne ne se prêtant à aucune réflexion… en somme, le Bocal était devenu ce que je n’ai jamais voulu qu’il soit. Il était donc temps de redresser la barre.
Dorénavant, le Bocal sera ce qu’il devait être : une vitrine sérieuse (plus ou moins) de mes travaux et réflexions.
J’ai repris conscience de sa fonction première à force de lire le Vlog de Wetneb (que je salue au passage). Je le remercie de m’avoir involontairement ouvert les yeux sur l’état pitoyable dans lequel se trouvait le Bocal.
Par la même occasion, je me suis plus ou moins laissée guider par l’architecture de l’espace de publication de Wetneb. Si tu passes dans le coin, j’ose espérer que tu ne m’en voudras pas.
Il me reste encore à répondre à un ou deux commentaires et le ménage sera enfin terminé.
